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Les journalistes membres du REMAPSEN et l’EGPAF engagés à lutter contre la tuberculose
«La prévention et la prise en charge de la tuberculose en période de COVID 19 en Afrique : Cas de la République démocratique du Congo». C’est le thème abordé lors d’un webinaire organisé par le Réseau des Médias africains pour la promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) avec l’appui de la Fondation Elisabeth Glaser (Egpaf), en marge de la journée mondiale de la lutte contre la tuberculose, célébrée le 24 mars dernier.
A cette occasion, le médecin coordonnateur provincial Lèpre et Tuberculose, le Docteur Nicole Anshambi Muzutie a déclaré que la tuberculose demeure une des anciennes maladies infectieuses préoccupantes au monde, à cause du nombre élevé de cas et de décès.
LA RDC SUPPORTE 80 % DE LA CHARGE MONDIALE DE LA TUBERCULOSE
D’après elle, la RDC est l’un des 10 pays qui supportent plus de 80% de la charge mondiale de la tuberculose. Il occupe le 2ème rang en Afrique et le 9ème dans le monde. Kinshasa, sa capitale, demeure malheureusement la province la plus touchée, et porte en elle seule 14 % des malades du pays, soit 30.000 en 2021.
Dr Nicole Anshambi Muzutie est d’avis que cette situation déjà sombre, a été aggravée par l’avènement de la COVID 19. Cela s’est remarqué par la régression du nombre de malades au laboratoire, du nombre de cas dépistés, du succès thérapeutique et par l’augmentation des décès.
«La ville de Kinshasa demeure l’épicentre de la pandémie à COVID-19 avec 80% de cas. Et l’un des plus grands défis auxquels le programme de lutte contre la Tuberculose est confronté demeure le sous-dépistage et la notification insuffisante des cas», a-t-elle fait remarquer.
Ainsi, face à l’impact négatif de la Covid à Kinshasa, la responsable Provinciale Lèpres et Tuberculose a émis le vœu de voir les activités visant le maintien et la continuité de la prise en charge de la tuberculose être pérennisées afin d’améliorer les performances de la lutte contre cette maladie.
Pour sa part, le point focal tuberculose d’Egpaf, Docteur Papy Ndjibu Tshishikani a axé son exposé sur « la lutte contre la Tuberculose pédiatrique en période de Covid-19: Expériences du projet CaP TB (Catalyzing Pediatric Tuberculosis) ».
A l’entendre, ce projet a contribué à la réduction de la morbidité et de la mortalité dues à la tuberculose pédiatrique, et à améliorer la détection, le traitement et la prévention des cas de tuberculose pédiatrique. Et aussi, a-t-il souligné, ce projet a produit des nouvelles évidences et des données coût-efficacité sur un nouveau modèle de soins pour la tuberculose pédiatrique.
Résultats enregistrés
Des très bons résultats en sont sortis. Le docteur Papy Ndjibu Tshishikani a évoqué la création d’un environnement normatif favorable au niveau national, l’amélioration de la détection des cas de tuberculose pédiatrique, l’accès amélioré aux traitements pédiatriques contre la tuberculose active et la TB latente, production de nouvelles évidences et de données coût-efficacité.
Ensuite, il a noté que l’avènement de la Covid 19 a impacté sensiblement la lutte. Et des conséquences sont vite ressenties, a-t-il ajouté. Il s’agit par exemple, selon lui, de la baisse de la fréquence au niveau des structures sanitaires, la mise en place d’horaire de crise pour les prestataires des structures de santé, la suspension de toutes les activités communautaires Tb pendant 4 mois, la réduction et la suspension des visites d’accompagnement technique et de validation des données, baisse des performances, ainsi que le report des activités de plaidoyer.
EN 2020, LA TUBERCULOSE A TUE PLUS QUE LE COVID-19 EN RDC
« C’est la première cause de mortalité au monde. En 2020, la tuberculose a tué plus que la Covid 19 en Rdc. Des enfants sont également touchés par la maladie. Au total 30 décès ont été enregistrés sur 3.270 cas de tuberculose pédiatrique entre février 2019 et juin 2021 dans le pays», a souligné le Docteur Papy Ndjibu.
Face à ce chiffre, le Point focal tuberculose d’Egpaf a recommandé la poursuite de la sensibilisation à la Covid et la distribution des matériels de protection, et de faire plaidoyer pour la reprise des activités communautaires moyennant des briefing préalables sur l’investigation des contacts en période de covid 19 et livraison des matériels de protection et aussi un accompagnement technique et validation à distance des données mensuelles.
Le Coordonnateur Pays du Remapsen/Rdc, Monsieur Prince Yassa a exhorté les participants à ce webinaire à s’engager pour des productions qui vont impacter l’environnement précisément dans la prise en charge de cette maladie.
«Ces chiffres de l’Oms et du Pnlt doivent nous (journalistes) interpeller. Nous ne devrons pas rester bras croisés. Nous devrons à notre tour interpeller les décideurs, les partenaires et la population en général afin que la prise en charge soit améliorée», avait-il lâché, devant un panel de journalistes congolais et étrangers en ligne.
DES JOURNALISTES APPELES A FAIRE UN PLAIDOYER
Par ailleurs, le directeur pays d’Egpaf s’est exprimé en ces termes : «Nous sommes très honorés par votre participation à ce webinaire et sommes convaincus que ce webinaire va produire des effets en ce qui concerne le plaidoyer nécessaire pour mettre fin à la tuberculose comme problème de santé publique d’ici 2035». Il a poursuivi : « (…) vous êtes des leaders d’opinion. C’est ainsi que depuis 2021, la Fondation Elisbeth Glaser pour la lutte contre le SIDA pédiatrique (Egpaf) collabore avec les journalistes à travers l’appui technique et financier de leurs activités en rapport avec le secteur de la santé et offre des formations sur le VIH et la tuberculose en général et le VIH et la tuberculose pédiatrique en particulier dans le but de les transformer en éducateurs sanitaires».
Au total 33 journalistes, dont 18 de différents pays africains, membres du REMAPSEN et 15 Congolais ont pris part à ce webinaire, coordonné à partir d’Abidjan, siège de cette plateforme, par son président Bamba Youssouf, qui s’est montré très reconnaissant au Directeur-Pays d’Egpaf, avant de l’assurer de la disponibilité du Remapsen à travailler avec sa structure. Mathy Musau