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Le Zoo de Kinshasa bientôt délocalisé vers la N’sele, annonce le ministre du Tourisme
Le gouvernement envisage de délocaliser le zoo de Kinshasa, situé dans la commune de la Gombe, vers le domaine de la N’sele. Didier M’pambia, ministre du Tourisme, a fait cette annonce lors d’un briefing coorganisé le 25 novembre 2024, en collaboration avec Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias. Ce projet vise à moderniser les infrastructures zoologiques et à aligner le pays sur les standards internationaux en matière de gestion et de bien-être animal.
Construit en 1938 à l’époque coloniale, le zoo de Kinshasa, autrefois emblématique et fleuron du secteur, est aujourd’hui dans un état de délabrement avancé. Selon les constats récents, de nombreuses cages sont vides, et les animaux restants, tels que des singes, des crocodiles et quelques oiseaux, vivent dans des conditions inadéquates. La vétusté des infrastructures et le manque de ressources pour la prise en charge des animaux ont conduit à la disparition progressive des espèces phares du zoo, comme les léopards, les okapis et le célèbre chimpanzé «Bébé Rico».
Pourquoi délocaliser ?
Face aux limites d’espace et aux défis d’entretien du zoo actuel, le gouvernement a opté pour une relocalisation vers le domaine de la N’sele, un site plus spacieux et naturel. Selon Didier Mpambia, cette initiative permettra de créer des enclos adaptés aux animaux en semi-liberté, comme les lions et autres espèces nécessitant de grands espaces. Le zoo actuel serait transformé en un espace spécialisé, dédié aux reptiles et oiseaux, adaptés à des environnements plus réduits.
«Le zoo de Kinshasa, je suis allé le visiter moi-même. C’est vrai qu’il est dans un état assez délabré. Nous avons un partenariat entre l’ICCN, qui est le gestionnaire du site, et des partenaires égyptiens. Ce partenariat va démarrer incessamment sous peu et permettra de restaurer ce zoo. Cependant, dans cet espace, qui est pour l’instant contigu, il n’est pas possible d’avoir suffisamment d’espace pour aménager le zoo selon les normes internationales. L’idée serait de le transformer et d’utiliser davantage ce zoo comme un espace dédié, par exemple, à un reptilarium ou à des volières pour des oiseaux en cage», a révélé le ministre M’pambia.
«Il y a plutôt une idée de délocalisation. C’est pour cette raison qu’au début, je vous ai parlé de cette délocalisation vers la Nsele, où il existait déjà à l’époque un jardin zoologique. Là-bas, il y a plus d’espace pour aménager des enclos permettant d’observer des animaux en semi-liberté. Par exemple, aujourd’hui, il n’est plus acceptable de placer un lion dans un espace confiné», a-t-il renchéri.
Un projet intégré pour le développement durable
Ce projet de délocalisation s’inscrit dans une stratégie globale de revitalisation du secteur touristique en RDC. Le Ministre a souligné sur l’importance de la coordination intersectorielle, impliquant notamment les ministères de l’Environnement et de la Défense, pour s’assurer que cette initiative respecte les principes du développement durable.
«C’est une démarche qui ne concerne pas seulement le ministère du Tourisme. À ce niveau, nous travaillons en concertation avec le ministère de la Défense et celui de l’Environnement, qui s’occupe, lui, de la conservation», a expliqué le ministre du Tourisme.
Outre la rénovation du zoo, le gouvernement prévoit de développer des infrastructures autour du site de la N’sele, notamment des villages touristiques et des circuits immersifs valorisant le patrimoine culturel local. Ces initiatives visent à renforcer l’attractivité touristique de la RDC, qui accueille actuellement moins de 500.000 visiteurs par an. Le projet ambitionne également de générer entre 200 000 et 500 000 emplois d’ici à 2030.
Redynamiser le tourisme en RDC
Le plan présenté par le ministre M’pambia comprend également des mesures pour améliorer l’accessibilité des sites touristiques, avec la mise en place de transports adaptés (bus, avions, bateaux rapides) et la simplification des formalités d’entrée pour les touristes. En parallèle, le gouvernement travaille à produire des «images positives» pour changer la perception internationale de la RDC, souvent associée à l’instabilité.
«Nous voulons positionner la RDC comme une destination incontournable en Afrique», a déclaré le Ministre. «Ce cadre juridique et ces projets permettront au secteur de mieux fonctionner tout en contribuant au bien-être des communautés locales».
En redonnant à la nature et à la culture leur place centrale, la RDC aspire à faire de ses trésors naturels et patrimoniaux des atouts pour un avenir durable. Le zoo de Kinshasa et le domaine de la N’sele, réinventés, pourraient bientôt devenir des symboles de cette renaissance.
Christian-Timothée MAMPUYA