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Le bureau de la Chambre basse se fissure
La vague qui menaçait le bureau de l'Assemblée nationale a fini par éclater. En l'espace de quelques heures, deux départs retentissants viennent de secouer la chambre basse. Vital Kamerhe a ouvert le bal en annonçant, hier lundi, avec un calme qui masquait à peine la gravité du geste, sa démission de la présidence : "En toute responsabilité, sans débat ni vote". Une sortie théâtrale, digne d'un homme qui préfère devancer la tempête plutôt que d'attendre qu'elle l'emporte.
À sa suite, Dominique Munongo, rapporteure adjointe, a choisi de rendre le tablier. La princesse des Bayeke, seule voix de l'opposition au sein du bureau, n'a pas tourné autour du pot. "Quand les gens ne veulent pas de toi, il vaut mieux partir", a-t-elle confié à Top Congo FM, convoquant la mémoire de son illustre aïeul, le roi M'Siri : "La dignité et l'honneur n'ont pas de prix". Une sentence qui résonne comme un coup de gong dans l'hémicycle.
Pourtant, rien, dans son audition devant la commission, ne semblait lui être reproché. Mais, Munongo a préféré partir avec panache plutôt que de s'accrocher dans un climat devenu étouffant. En politique congolaise, l'élégance du retrait reste parfois l'arme ultime.
Ces deux démissions, arrachées par la pression d'une pétition incendiaire visant cinq membres du bureau, sonnent comme un avertissement. Le temple du peuple vacille, emporté dans une fronde parlementaire qui ne dit pas encore son dernier mot.
La majorité tangue, l'opposition observe, et l'Assemblée nationale s'enfonce dans une zone de turbulences où l'équilibre des forces se redessine à chaque démission. Jérémie ASOKO