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Le 51ème anniversaire de l'assassinat du père Émile Charlier commémorée le 23 décembre en RDC et à l'étranger
Martyr, Mgr Emile Charlier était à l'honneur le 23 décembre dernier, jour de son assassinat. Ceux qui l'ont connu ont décidé de commémorer sa mémoire.
Qui était le père Émile Charlier ?
Fils d'Antoine Charlier et d'Esther Gilboux, il naquit le 15 mars 1922 à Namur, en Belgique (cf. Hugo Gotink, Mémorial CSSR, Belgique). Il fit ses études secondaires au collège du Christ-Roi à Sirault. Le 14 septembre 1940, à Liège, il débuta le noviciat chez les Rédemptoristes et prononça sa profession religieuse le 20 octobre de la même année. Il poursuivit ses études ecclésiastiques à Beauplateau et fut ordonné prêtre le 9 février 1946 par Mgr Charue.
Il fut affecté comme prêtre à Matadi, où il arriva le 5 mars 1947 afin d'épauler le père François Nuyens. Il y mena de nombreuses activités pastorales. En octobre 1951, il partit en vacances en Belgique, puis retourna au Congo le 30 novembre 1952. Il fut alors désigné curé de la paroisse Sainte-Thérèse de Thysville (aujourd'hui Mbanza-Ngungu).
Fonsateur de l'Institut Ndwenga
À Mbanza-Ngungu et à Luvaka dans le Kongo Central, il joua un rôle considérable dans les domaines pastoral et éducatif. Il créa, en octobre 1955, le groupe des Jocistes et, en octobre 1957, celui des Légionnaires. En 1958, il se réjouissait de compter 1.300 garçons à l'école primaire de la paroisse Sainte-Thérèse, 1.900 élèves à l'école de l'Offitra et de Luvaka, ainsi que 130 étudiants répartis dans les trois classes de l'école moyenne (ibid.). Signalons qu'en 1958, il fut envoyé à la mission de Luozi afin d'y animer la pastorale et de développer le secteur de l'enseignement.
Dans cette perspective, le père Émile Charlier arriva pour la première fois à Luozi le 12 août 1958. Dès son arrivée, il constata l'absence d'école secondaire dans la cité de Luozi, pourtant porte d'entrée et de sortie du Manianga. Il convient de noter que, dans le territoire du Manianga, il n'existait alors que deux écoles post-primaires : l'École des moniteurs de Mangembo et l'École d'apprentissage pédagogique de Sundi-Lutete.
Cette situation préoccupante, caractérisée à la fois par le manque d'écoles secondaires à Luozi et par l'augmentation du nombre de finalistes de l'école primaire - estimé à environ 700 élèves par an - poussa le père Émile Charlier à fonder, en octobre 1959, l'Institut technique Saint-Éloi. Celui-ci devint, en 1962, le Collège Saint-Éloi (Institut Ndwenga aujourd'hui), où furent organisées les sections scientifique et littéraire.
Plusieurs professeurs expatriés et autochtones contribuèrent à la formation intellectuelle, morale, physique et religieuse des élèves. De nombreux compatriotes épaulèrent également le père Émile Charlier dans la réalisation de son œuvre.
En somme, le Collège Saint-Éloi (Institut Ndwenga aujourd'hui) a formé et continue de former de nombreux intellectuels qui contribuent, d'une manière ou d'une autre, au développement de la République démocratique du Congo en général, et du Manianga-Luozi en particulier.
Assassiné le 23 décembre 1974
Malgré son ardent désir de promouvoir Luozi, le père Émile Charlier ne put mener son projet à terme. En effet, en provenance de Mbanza-Ngungu, où il était allé chercher l'argent destiné à la paie des enseignants, il fut assassiné le 23 décembre 1974 à 16 h 30 sur la route Kimpese-Luozi (ancienne route de montagne de Kokoriya), à la hauteur du village Bodila. Le crime fut commis par un individu surnommé "Marocain", agissant sur ordre de l'inspecteur de l'enseignement catholique, Théodore Biankunzu. L'assassin voulait s'emparer de l'argent destiné aux enseignants de la zone de Luozi, mais il prit la fuite à l'arrivée d'un autre véhicule sur les lieux.
Le corps du père Émile Charlier fut d'abord transféré à Kimpese pour les besoins de l'enquête, puis à Kinshasa, où il fut inhumé au cimetière de la Gombe le 28 décembre 1974. Il sied de noter que les collégiens commémorent le 23 décembre de chaque année la disparition inopinée du père Émile Charlier par une célébration eucharistique et une représentation théâtrale.
Un monument fut érigé en sa mémoire. Sur la plaque commémorative figure un texte symbolique en kikongo du père Léon Dereau : "Bonso kimenena kimenene mu mene-mene", c'est-à-dire : "Comme une jeune plante pousse dans l'aurore".
Cela signifie que chaque élève dudit collège (la jeune plante) grandira dans l'esprit et à l'exemple du père Émile Charlier (l'aurore).
Au verso du monument est inscrit le texte de Jean 15, 13: "Le plus grand amour est de donner sa vie pour ceux qu'on aime".
Fait à Bruxelles, le 23 décembre 2025.
Professeur Damien KUDADA BANZA
Ancien élève du Collège Saint-Éloi / Institut Ndwenga
* Le titre est de Forum
des As