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L’avocat de Matata dénonce une décision «inique» de la Haute Cour
Quelques heures après la condamnation de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo à dix ans de travaux forcés dans l’affaire du projet agro-industriel de Bukanga-Lonzo, son avocat, Maître Laurent Onyemba, a vivement critiqué la décision rendue mardi 20 mai 2025 par la Cour constitutionnelle.
Interrogé par plusieurs médias, l’avocat du député national a qualifié l’arrêt de la plus haute juridiction du pays d’«inique» et de «déconnecté de la réalité du procès Matata». Selon lui, la Cour a violé des principes fondamentaux du droit en revenant sur sa propre jurisprudence.
«J’estime humblement que l’arrêt de la Cour est inique. C’est un arrêt qui est déconnecté du procès Matata. D’abord, il est de principe en droit que la Cour constitutionnelle ne revient pas sur ses arrêts. Ces derniers sont exécutoires et ne sont susceptibles d’aucun recours. Donc à partir du moment où la Cour est revenue sur sa propre décision, il y a un problème», a déclaré Maître Onyemba.
Pour ce dernier, au-delà du fond, c’est toute la procédure qui pose problème :
«Monsieur Matata a dit : je suis député, je jouis des immunités. Donc pour me juger, il faut respecter la procédure. Cela n’a pas été fait. L’Assemblée nationale a pris une position. Nous avons soulevé une bactérie d’exceptions liées à l’incompétence et à l’irrecevabilité de l’action. Mais la Cour a décidé de joindre au fond toutes ces exceptions».
Recours à des instances régionales
«La décision, pour autant qu’elle nous déçoive, ne nous effraie pas et ne nous contrarie pas», a insisté Maître Onyemba, tout en laissant entendre qu’un recours à des instances régionales ou internationales pourrait être envisagé.
Une bataille judiciaire et politique
Depuis le début de cette procédure, Matata Ponyo crie à l’acharnement politique. L’ancien chef du gouvernement, aujourd’hui député élu de Kindu, considère que ce procès vise à le neutraliser politiquement, notamment dans la perspective d’un éventuel dialogue politique ou d’une recomposition gouvernementale.
Alors que le verdict vient de tomber, les réactions politiques et juridiques continuent d’affluer. L’arrêt de la Cour constitutionnelle, qui clôt un chapitre judiciaire, semble néanmoins ouvrir une nouvelle phase de tensions entre les institutions de la République.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO