Dernière minute
Société
Plus de 10 millions de morts. Tel est le bilan macabre établi par le système des Nations unies pour la guerre qui sévit dans l’Est de la République Démocratique du Congo depuis environ trois décennies. Un bilan en constante augmentation, d’autant que, chaque jour, au moins une âme tombe sur le…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, la problématique du mariage précoce chez les jeunes filles demeure une préoccupation majeure pour les acteurs des…
Étranger
Rabat - Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, accompagné de Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan, a présidé, samedi au Palais Royal à Rabat, un Conseil des ministres…
Nation
Le vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, a effectué une visite de travail, le lundi 19 octobre, au bureau du Procureur général près la Cour de cassation (PGCCAS), Firmin…
La RDC perd environ 394 milliards $ l’an suite à l’inexploitation des eaux du fleuve Congo !
La RDC perd chaque année environ 394 milliards USD à cause de la non-exploitation de 788 milliards m3 d’eaux non utilisées que le fleuve Congo déverse gratuitement à l’océan Atlantique. C’est ce qu’a affirmé le professeur hydrologue Raphaël Tshimanga Mumba au cours des conférences scientifiques, organisées hier jeudi 16 juin, dans le cadre de la deuxième édition du festival Kongo River.
Pour le directeur du Centre de recherche en ressources en eau du bassin du Congo (CRREBaC), sur les 1300 milliards m3 d’eaux que le fleuve Congo déverse à l’océan Atlantique, la RDC n’utilise que 512 milliards m3 d’eaux. Environ 788 milliards m3 d’eaux sont non utilisées. Calcul fait, cette quantité d’eaux est évaluée à 394 milliards de dollars américains.
« La perte est énorme, dit-il, le fleuve Congo déverse dans l’océan 41.000 m3 par seconde. Ce qui représente environ 1300 milliards m3 par an. C’est environ 788 milliards m3 d’eaux que le fleuve Congo déverse par an sur l’océan. Or, le traitement d’un m3 d’eau saline pour la rendre douce coûte en moyenne 0.5 de dollar américain ».
« Si nous prenons la perte saisonnière que le fleuve Congo déverse sur l’océan, nous voyons que le pays manque environ 394 milliards de dollars américains par an. Nous voyons là que rien que l’eau peut générer beaucoup d’argent pour le pays», a déclaré ce professeur de l’Université de Kinshasa.
28.000 TONNES DE MATIÈRES FÉCALES DANS LA RIVIÈRE FUNA
Dans sa communication, une délégation des chercheurs de la faculté de Sciences de l’Université de Kinshasa (Unikin), qui travaillent sous la direction de la professeure Céline Sikulisimwa, a présenté une récente étude qui démontre que plus de 28.000 tonnes de matières fécales sont déversées chaque six mois à la rivière Funa, à Kinshasa.
Au-delà du phénomène de déversement des matières fécales dans les eaux, appelées «Nyeterie», ces scientifiques ont aussi dénoncé le comportement adopté par les populations congolaises. Celles qui font de rivières des lieux de décharge des déchets plastiques, des déchets médicaux et d’huiles des véhicules.
Ils ont démontré que le fait de faire des eaux de la RDC un lieu de décharge de tout type de déchets asphyxie ces eaux et y détruit la vie, en ce qu’il empêche l’oxygene qui est un élément nécessaire à la vie des poissons et autres espèces aquatiques.
Ces scientifiques ont, par ailleurs, montré comment ces phénomènes sont à la base de beaucoup de maladies constatées principalement chez les populations riveraines.
PROMOUVOIR L’APPROCHE INTÉGRÉE ET PARTICIPATIVE
Le Dr Jenna R. Jambeck de l’université de Géorgie, aux États-Unis, a partagé avec l’assistance ses recherches sur le thème : « De la mer à la source : Réduire les plastiques dans notre environnement ». Elle a proposé l’approche intégrée, impliquant les communautés, dans les solutions locales de lutte contre la pollution des eaux.
Chef de travaux au département de physique, à l’Université de Kinshasa, Max Seke a présenté ses recherches sur la valorisation des ressources naturelles en RDC. Il a affirmé que les différents sables de la RDC prélevés et étudiés sont susceptibles d’être utilisés comme «massif filtrant».
La problématique de la gestion durable des forêts pour la préservation du réseau hydrographique de la RDC a été développée par un expert de l’USAID. Il a proposé une approche intégrée de la gestion des ressources naturelles de la RDC.
RENFORCER L’ARSENAL JURIDIQUE SUR LA PROTECTION DES EAUX
Avocate et experte en environnement, Mathy Yav a entretenu l’assistance sur les mécanismes légaux de la conservation du fleuve Congo. Elle a plaidé pour l’amélioration de l’arsenal juridique et la mise en place d’un système rigoureux de monitoring des eaux de la RDC.
Jolie Mukendi Yombo de l’Office national du tourisme (ONT) a présenté la politique touristique de la RDC, avec un accent sur la protection du patrimoine.
Dans le volet projets, Fernand Mbuyi, de l’ONG Kongo River, a présenté le concept «Engenga engala», axé sur la dépollution et l’assainissement des cours d’eaux de Kinshasa.
Ces conférences scientifiques ont été ouvertes par l’initiateur de ce festival Vincent Kunda. Il a rappelé que cette édition de Kongo River est placée sous le signe de la protection et de la promotion du fleuve Congo. Orly-Darel NGIAMBUKULU