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« La RDC ne tirera jamais profit de manière optimale des opportunités de l’AGOA », assure le président de l’APROMEN
Président de l’Association pour la promotion de la métrologie et la normalisation en RDC (APROMEN), Bertin Ntumba Bululu dresse un bilan négatif du pays au sein de l’AGOA (African Growth and Opportunity). Dix-huit mois après la réadmission de la République Démocratique du Congo à l’AGOA, « nous sommes face à une triste réalité : le système normatif congolais actuel constitue un frein à la promotion des exportations ».
« Ce système normatif ne permet pas de saisir d’alléchantes opportunités comme celles offertes par l’AGOA. La RDC n’y tirera jamais un profit de manière optimale des opportunités susceptibles de permettre l’exportation massive des produits ».
La réadmission de la RDC à la loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique (AGOA) en décembre 2020 avait suscité un engouement sans précédent auprès des femmes et des hommes du Congo, intéressés par les affaires avec les États-Unis. En effet, les avantages de l’AGOA portant l’accès en franchise de droits de douane au marché américain pour plus de 1800 produits locaux dans le cadre du système généralisé de préférence, a permis de rêver à l’augmentation sensible de l’exportation des produits de la RDC au pays de l’oncle Sam et en tirer des dividendes substantiels.
Pour Bertin Ntumba Bululu, « il est important de rappeler que ce n’est pas la première fois que la RDC bénéficie de cet avantage et les acteurs du commerce extérieur n’ont pas tiré des leçons de la première expérience« . « Face à l’AGOA, la RDC ne tirera jamais un profit de manière optimale des opportunités devant permettre l’exportation massive des produits ».
Pour en tirer profit, Bertin Ntumba insiste sur l’existence d’une Loi devant aider à mettre en place un Système normatif national plus cohérent autour d’un organisme National de Normalisation (ONN) comme c’est le cas dans tous les pays. Il regrette que l’économie congolaise soit extravertie. « Nous dépendons trop de l’extérieur, même pour les besoins les plus élémentaires« . « Est-il normal de continuer à dépenser des devises pour importer la tomate, la pâte d’arachide, l’oignon, l’ail, le thé,… alors que nous avons plus 80 millions d’hectares de terres arables ? « .
Il est aujourd’hui inconcevable d’envisager le développement durable ou l’émergence d’un pays sans un système normatif national (SNN) cohérent basé sur une Loi pertinente telle qu’expliqué aux parlementaires congolais en 2011, au cours des deux journées de réflexion animées par son association.
Bertin Ntumba est d’avis qu’un SNN plus cohérent permettra de mieux organiser la gestion des activités normatives à l’international tout comme au pays, dans les différents regroupements économiques dont la RDC est membre.
Le SNN permet également la création des comités techniques conjoints sur les produits les plus en vue et ayant un potentiel important pour booster les échanges commerciaux. Selon lui, c’est cet aspect important qui allait être exploité avec les Etats-Unis dans le cadre de l’AGOA
Mais le plus grand problème, soutient-il est que la majorité des congolais à tous les niveaux ignorent les fondamentaux de la Normalisation et de la Métrologie. C’est là que l’APROMEN doit et va se focaliser.
A l’heure de la libération des échanges et la promotion des zones de libre échange, l’absence d’un SNN cohérent constitue le plus grand obstacle au développement de la Rd Congo.
Au finish, Bertin Ntumba Bululu insiste sur le fait que « l’AGOA est une opportunité que les Américains nous offrent pour exporter les produits vers les Etats-Unis dans des conditions plus avantageuses ».
Propos recueillis par Dina BUHAKE