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La population sceptique sur l'utilisation des 100 millions USD par Puruk
Alors que la Cellule de communication du Projet d'urgence et de résilience urbaine de Kananga (Puruk) multiplie les déclarations enthousiastes sur l'état d'avancement de ses activités, notamment dans une récente sortie sur le média 7sur7.cd, le contraste avec la réalité vécue sur le terrain ne cesse d'alimenter critiques et frustrations. Dans une ville où les érosions ravagent encore les quartiers, les propos officiels sur le " renforcement de la résilience urbaine " et de la " cohésion sociale " peinent à convaincre.
Cent millions USD, pour quels résultats ? Le projet Puruk, financé à hauteur de 100 millions de dollars américains par la Banque mondiale, avait pour ambition de transformer en profondeur le tissu urbain de Kananga sur trois fronts : lutte efficace contre les érosions, réhabilitation d'infrastructures critiques et amélioration de la qualité de vie des habitants.
" OU EST PASSE TOUT CET ARGENT "
Mais quatre ans après le lancement du projet, de nombreux quartiers demeurent en proie à des menaces environnementales graves. À Ndesha, Nganza, Malandji, Katoka, Masikuna ou encore le long de l'axe Kalamba-Mbuji, les ravins se creusent et s'étendent, mettant en péril des habitations, des routes et des vies humaines. Pour les populations locales, le contraste est flagrant entre les montants annoncés et l'impact visible sur le terrain.
Dans sa dernière sortie médiatique, la Cellule de communication du Puruk a préféré insister sur la résolution d'un incident mineur entre ouvriers plutôt que de dresser un bilan technique des travaux réalisés. Pas de chiffres concrets, pas de cartographie des zones réellement prises en charge, pas de détails sur l'affectation des fonds. Une approche qui soulève des interrogations et alimente le sentiment d'opacité et de frustration parmi les habitants.
" Ce projet devait sauver nos quartiers, mais rien n'a changé. Pire, certains ravins se sont élargis. Où est passé tout cet argent ? ", interroge un résident de Malandji.
POUR Un AUDIT INDEPENDANT DU PURUK
Alors que l'échéance finale du projet se rapproche, l'indignation monte au sein de la société civile, des médias et de la population kanangaise. Plusieurs organisations locales plaident pour la réalisation d'un audit indépendant du Puruk; la publication d'un rapport détaillé sur les sites réellement stabilisés; la reddition des comptes sur l'utilisation des 100 millions de dollars; et la mise en œuvre d'un plan d'urgence pour les zones non encore prises en charge.
Dans ce contexte, les médias locaux et nationaux sont appelés à jouer pleinement leur rôle de contre-pouvoir : investiguer, documenter et rapporter fidèlement la situation sur le terrain. Car à Kananga, les discours officiels ne suffisent plus : les citoyens veulent des résultats concrets, mesurables, visibles.
Félix MULUMBA Kalemba