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La journée «Choix en Cool’heure» sensibilise les jeunes aux violences numériques
Dans la perspective des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, le Réseau des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive (RJSSR) a tenu, à Kinshasa, une journée dénommée «Choix en Cool’heure». Cette activité, organisée le week-end dernier avec l’appui de MSI RDC et de Hesperian, a permis aux jeunes universitaires d’échanger librement autour de la santé sexuelle, des droits numériques et des violences basées sur le genre.
A travers des animations, discussions et un accompagnement personnalisé, l’activité a offert un cadre sécurisé permettant aux jeunes d’accéder à des informations fiables sur la SSR, de poser leurs préoccupations et de mieux comprendre les risques liés aux dérives numériques. Une clinique mobile SSR a également été déployée pour offrir counseling, orientation et distribution de méthodes contraceptives, notamment les préservatifs, implants et colliers.
Plusieurs participants ont également découvert l’application Hesperian, présentée comme une ressource d’information fiable sur la santé sexuelle.
Le coordonnateur du projet, Josué Kashama, a expliqué l’objectif de cette initiative.
«C’était une mini-édition qui vise à maintenir la dynamique de sensibilisation auprès des jeunes, en attendant la grande édition de 2026 qui mobilisera davantage d’universités. Nous voulons offrir aux jeunes un espace sécurisé, interactif et convivial où ils peuvent accéder à l’information, aux services SSR et développer leurs capacités à prévenir les VBG».
Des témoignages unanimes sur l’impact de la rencontre
La participation active des étudiants a donné à la journée un caractère particulièrement interactif. Plusieurs d’entre eux ont salué l’événement en le qualifiant d’utile, révélateur et adapté à leurs réalités.
«C’est la première fois qu’on aborde clairement le harcèlement que nous vivons sur les réseaux sociaux. J’ai compris que nous avons des droits numériques et j’ai découvert des applications fiables sur les méthodes contraceptives et même sur l’avortement. Cette rencontre m’a vraiment enrichie», a confié une étudiante en L2 à l’UPN.
Même satisfaction de la part de Songo Fatuma, également étudiante à l’UPN: «Nous, jeunes Congolais, sommes parfois négligents. Ne pas savoir comment se protéger conduit à beaucoup d’avortements non encadrés. Cette activité m’a ouvert les yeux et nous souhaitons que de telles activités soient régulièrement organisées».
Pour Patrice Lumumba, étudiant en L2 SIC, ce type d’initiative doit se répéter : «J’ai appris davantage sur les méthodes contraceptives et compris que nous avons la responsabilité de nos choix. Sur ce, nous devons être informés pour nous permettre de bien prendre cette responsabilité. C’est pourquoi ces rencontres devraient être régulières».
Montée des violences en milieu universitaire
L’un des moments forts de la journée a été l’intervention du Dr Delphin Katchelewa, Expert en engagement des jeunes, qui a insisté sur l’urgence de traiter la problématique des violences sexuelles dans les milieux académiques.
D’après lui, les cas de viols et de violences basées sur le genre dans les milieux universitaires sont nombreux.
«Il était indispensable de créer un espace où les jeunes peuvent parler librement et trouver écoute et orientation», a-t-il rappelé.
Il a également attiré l’attention sur les violences numériques, de plus en plus fréquentes chez les jeunes.
«Sur base de la loi du numérique en RDC, nous avons montré comment exercer son droit à la communication sans s’exposer ni nuire à autrui. Commenter, liker ou partager un contenu humiliant est déjà une forme de violence», a-t-il averti.
Pour les organisateurs, cette mini-édition se veut un pas important dans la mobilisation des jeunes autour de la SSR et de la prévention des VBG. Une édition plus vaste est annoncée pour 2026, en collaboration avec l’Institut national des arts (Ina), afin d’élargir la portée de la campagne et toucher un plus grand nombre d’universités.
Tricya MUSANSI