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Kananga : Les bus Transco à l'agonie dans l'enceinte de l'ancien quartier de la Monusco
À l'abri des regards, mais au cœur d'un malaise profond qui interroge la gouvernance des biens publics, quatre bus de la société de transport urbain Transco croupissent aujourd'hui dans un état de délabrement avancé à Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï-Central. Stationnés dans l'enceinte de l'ancien quartier de la Mission de l'organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), ces véhicules, jadis symboles d'espoir et de modernisation du transport urbain, offrent désormais une image saisissante d'abandon et de gâchis.
Le constat sur le terrain est sans appel. Alignés sur un sol envahi par les herbes sauvages, entourés d'infrastructures délabrées et de vestiges d'un site autrefois stratégique, les bus Transco présentent des signes évidents de dégradation : carrosseries ternies, pneus à plat, vitres poussiéreuses, essuie-glaces figés, portes closes depuis de longs mois, voire des années. Tout autour, l'environnement immédiat - dalles fissurées, clôtures endommagées, absence d'entretien - accentue l'impression d'un abandon total.
Ce site, qui avait autrefois abrité des installations de la Monusco, semble aujourd'hui livré à lui-même. La présence de ces bus immobilisés dans un tel cadre pose avec acuité la question de la gestion post-Monusco des espaces et des équipements publics à Kananga.
DE L'ESPOIR À L'IMMOBILISME
L'arrivée des bus Transco dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo avait été saluée comme une réponse concrète aux difficultés chroniques de mobilité urbaine. À Kananga, leur mise en circulation avait suscité un réel enthousiasme au sein de la population, confrontée depuis des décennies à un transport public insuffisant, coûteux et souvent dangereux.
Cependant, l'état actuel de ces véhicules trahit une rupture nette entre les ambitions initiales et la réalité actuelle. Faute de maintenance régulière, de pièces de rechange, d'un cadre de gestion efficace ou encore de financements adaptés, ces bus se sont progressivement immobilisés, jusqu'à devenir de simples carcasses métalliques exposées aux intempéries.
Interpellation
Au-delà de l'aspect visuel choquant, la situation soulève de sérieuses interrogations institutionnelles. Qui est responsable de la gestion et de la conservation de ces bus? Quelles dispositions ont été prises pour assurer leur entretien ou leur remise en service ? Pourquoi un patrimoine public aussi stratégique est-il laissé à l'abandon dans un site aussi sensible que l'ancien quartier de la Monusco ?
Pour de nombreux observateurs locaux, cet état de fait reflète un problème plus large de coordination entre les autorités provinciales, les services de Transco et les instances nationales en charge du transport urbain.
L'immobilisation de ces bus n'est pas sans conséquences pour la population de Kananga. Dans une ville en pleine expansion démographique, la rareté des moyens de transport collectifs accentue les difficultés de déplacement, renchérit le coût du transport et pèse lourdement sur le quotidien des travailleurs, des élèves, des étudiants et des commerçants.
Félix MULUMBA KALEMBA