Dernière minute
Société
Du fond du cœur, nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à tous ceux qui ont été présents aux côtés de notre famille et nous ont soutenus dans la célébration de la belle vie de notre cher Père, décédé paisiblement à l’âge de 92 ans.
92 années de vie, 92 années de souvenirs, et un…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
À l’YMCA, Tony Kanku Shiku aborde sans détour le dialogue, Kabila et le tribalisme.
À l’occasion de son intervention devant une foule des jeunes venus de coins et recoins de Kinshasa réunis…
Étranger
Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan a procédé, samedi à la commune d’Iaâzzanène (province de Nador), au lancement des opérations du premier terminal à conteneurs du port Nador…
Nation
Au terme de cinq jours d’échanges, du 26 au 30 octobre 2026, à l’occasion de la deuxième édition de la Semaine nationale du climat (SENAC 2), les participants ont appelé à la construction d’un…
GOUVERNANCE ENVIRONNEMENTALE : la SENAC 2 clôturée sur quinze engagements pour un marché carbone souverain
Au terme de cinq jours d’échanges, du 26 au 30 octobre 2026, à l’occasion de la deuxième édition de la Semaine nationale du climat (SENAC 2), les participants ont appelé à la construction d’un marché carbone congolais crédible, transparent et placé sous le leadership de l’État. Les travaux, organisés autour du thème « La RDC à l’ère des marchés carbone : souveraineté climatique, opportunités pour tous et prospérité partagée », ont débouché sur l’adoption de la Déclaration de Kinshasa, assortie de recommandations et d’une feuille de route post-SENAC.
Représentant la Première ministre Judith Suminwa à la cérémonie de clôture, le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a réaffirmé l’ambition du gouvernement de faire des ressources naturelles du pays un véritable moteur de développement économique et social.
Dans son intervention, il a notamment insisté sur la nécessité de sortir de la logique des conférences sans lendemain, en transformant les engagements pris en actions concrètes et en résultats mesurables au bénéfice des populations.
« La clôture de cette semaine nationale du climat ne doit pas marquer la fin d’un événement. Elle doit marquer le commencement d’une nouvelle étape de l’action gouvernementale », a-t-il déclaré, transmettant les orientations de la cheffe du gouvernement.
À cet effet, cinq priorités ont été soumises aux ministères et institutions concernés : accélérer l’opérationnalisation du cadre juridique et institutionnel des marchés carbone, constituer un portefeuille national de projets climatiques bancables, renforcer la coordination interministérielle, assurer la transparence dans le suivi des financements climatiques et traduire les recommandations de la SENAC 2 en une feuille de route assortie de responsabilités et d’indicateurs de résultats.
Daniel Mukoko Samba a également rappelé que la RDC entend défendre ses intérêts lors de la prochaine Conférence des Nations unies sur le climat (COP31), prévue à Antalya, en Turquie. Kinshasa plaide notamment pour un accès juste, prévisible et conséquent aux financements climatiques, au regard de sa contribution à la préservation des grands équilibres écologiques mondiaux.
Marie Nyange appelle à passer des engagements aux résultats
De son côté, la ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du climat, Marie Nyange, a insisté sur la nécessité de donner une suite concrète aux recommandations formulées durant ces assises.
Pour elle, la clôture de la SENAC 2 doit ouvrir une nouvelle phase consacrée à la mise en œuvre des engagements pris, avec une attention particulière accordée aux communautés locales et aux peuples autochtones, considérés comme des acteurs incontournables de la préservation des ressources naturelles.
« La SENAC 2 se termine aujourd’hui, mais l’action ne fait que commencer », a-t-elle souligné.
La ministre a notamment mis en avant quatre orientations majeures issues des travaux : la participation des communautés locales et des peuples autochtones au développement du marché carbone, l’accélération de la transition énergétique, le renforcement de la gouvernance du capital naturel et la consolidation de la diplomatie climatique congolaise.
« Les communautés locales et les peuples autochtones doivent demeurer au cœur du développement du marché carbone. Aucun mécanisme de valorisation de nos ressources naturelles ne peut réussir sans justice sociale ni partage équitable des bénéfices », a-t-elle insisté.
Marie Nyange a également estimé que les conclusions de la SENAC 2 constituent des acquis importants pour préparer la participation de la RDC à la COP31. L’objectif est de défendre une position nationale cohérente, fondée sur la valorisation du potentiel forestier, énergétique et minéral du pays.
La Déclaration de Kinshasa
Au terme des discussions, les participants ont adopté la Déclaration de Kinshasa, qui définit quinze engagements pour structurer la nouvelle économie du climat en RDC.
Le document insiste notamment sur la souveraineté carbone, entendue comme la capacité de l’État à maîtriser la gestion, la valorisation et la vente de ses crédits carbone, ainsi que les mécanismes de négociation associés.
Les participants recommandent également de finaliser le cadre juridique et institutionnel du marché carbone, de renforcer les dispositifs de contrôle et de certification et de consolider le registre national du carbone, baptisé « Lumière ». La fiabilité des données, le mesurage, le rapportage et la vérification (MRV) figurent parmi les conditions essentielles pour garantir la crédibilité des crédits carbone congolais et prévenir les risques de double comptage.
Le document préconise, par ailleurs, la constitution d’un portefeuille national de projets carbone et verts bancables, susceptible d’attirer les financements climatiques et les investissements privés. Les banques, la Banque centrale et les institutions financières sont notamment appelées à jouer un rôle accru dans le développement de la finance verte.
La déclaration accorde également une place importante à la transformation locale des minerais critiques, au développement des énergies renouvelables, à l’industrialisation verte, à l’agriculture intelligente face au climat et à la protection des tourbières et de la biodiversité.
Une feuille de route post-SENAC prévoit, entre autres, la mise en place d’un cadre national de coordination dans les six prochains mois, le développement de projets bancables dans un délai de six à douze mois et le renforcement des capacités nationales en matière de surveillance et de comptabilisation du carbone.
15 millions USD pour le développement des bassins d’approvisionnement
En marge de cette cérémonie de clôture, le gouvernement congolais et l’Initiative pour les forêts de l’Afrique centrale (CAFI) ont procédé à la signature du document de projet de la deuxième composante du Programme d’appui aux bassins d’approvisionnement de Kinshasa (PROBAK).
Dotée de 15 millions de dollars américains, cette composante sera exécutée par le Fonds mondial pour la nature (WWF). Elle vient compléter une première composante de 15 millions de dollars, signée en mars 2026 avec le gouvernement et CAFI, dont la mise en œuvre est confiée à CFC/FERMI. L’enveloppe globale du PROBAK atteint ainsi 30 millions de dollars.
Le programme vise à soutenir le développement de systèmes agricoles durables, l’agroforesterie, la restauration des paysages dégradés et la conservation communautaire des forêts, tout en développant des mécanismes de paiements pour services environnementaux (PSE).
Selon les objectifs présentés lors de la cérémonie, le projet couvrira plus de 150 000 hectares et devrait bénéficier à près de 183 000 personnes. Il ambitionne ainsi de concilier l’amélioration des conditions de vie des populations, le développement économique local et la préservation des écosystèmes forestiers.
Cette initiative s’inscrit dans un mécanisme national de PSE développé avec l’appui de CAFI. Celui-ci vise à rémunérer les communautés et les acteurs locaux pour les efforts consentis dans la conservation des forêts, la protection des sols, des ressources en eau et de la biodiversité.
Au-delà du PROBAK, les autorités ont présenté plusieurs autres initiatives structurantes, notamment le développement d’un portefeuille régional d’investissements PSE de 115 millions de dollars entre la RDC, la République du Congo et la République centrafricaine, ainsi que la mobilisation de 21 millions de dollars destinés au renforcement des organisations nationales congolaises et au financement de projets communautaires.
Christian-Timothée MAMPUYA