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Environnement : la RDC finalise sa première politique forestière
* Le pays de Lumumba accélère également ses réformes climatiques.
La République démocratique du Congo franchit un tournant inédit dans la gestion de son patrimoine naturel. Le gouvernement a annoncé, mardi 7 juillet, l'achèvement de la toute première politique forestière de l'histoire du pays, désormais en attente de son adoption en Conseil des ministres, tandis que le nouveau Code forestier entre dans sa phase finale d'élaboration.
Cette réforme, présentée lors du briefing presse coanimé par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et la ministre de l'Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, Marie-Ange Nyange, s'inscrit dans la stratégie visant à faire de la RDC un acteur majeur de la gouvernance climatique mondiale.
Pour Marie-Ange Nyange, cette avancée marque une rupture avec plusieurs décennies d'absence de cadre stratégique dans un pays qui abrite le deuxième massif forestier tropical de la planète.
"Je dois vous dire qu'en dépit des ressources forestières que nous avons, c'est la première fois que le pays élabore une politique forestière. La politique est terminée. Il reste seulement que le gouvernement l'adopte au Conseil des ministres. Quant au Code forestier, il est en préparation et les consultations provinciales vont bientôt commencer", a déclaré la ministre.
Élaborée à l'issue d'un vaste processus participatif réunissant pouvoirs publics, secteur privé, société civile, communautés locales, peuples autochtones et partenaires techniques et financiers, cette politique doit servir de socle à une gouvernance plus durable des forêts congolaises. Le futur Code forestier poursuivra le même objectif avant son examen par le Parlement.
La ministre a rappelé que ces réformes répondent également aux engagements pris par la RDC dans le cadre de ses réformes structurelles et visent à consolider son leadership dans la protection des écosystèmes forestiers.
"Le gouvernement travaille sérieusement pour que nous puissions garder notre leadership dans les domaines forestiers, qui rapportent aujourd'hui des ressources considérables aux nations pour construire leur développement", a-t-elle soutenu.
Au-delà des forêts, le gouvernement entend également mieux valoriser les immenses réserves hydriques du pays. Marie-Ange Nyange a ainsi annoncé la création prochaine d'un Office national de l'eau, chargé d'assurer une gestion durable de cette ressource stratégique et d'en faire un véritable levier de développement économique.
"Aujourd'hui, l'eau est devenue l'or bleu. Il fallait doter le pays d'un office chargé de préserver cette ressource, d'anticiper les risques liés à sa raréfaction et de transformer ce potentiel en véritable levier de développement économique", a expliqué la ministre.
Selon elle, cette structure devra anticiper les effets du changement climatique sur les ressources en eau, préserver les bassins hydrographiques et renforcer la capacité de la RDC à valoriser durablement un patrimoine hydrique qui représente plus de la moitié des réserves d'eau douce de l'Afrique.
La ministre est également revenue sur le projet présidentiel du Couloir vert Kivu-Kinshasa, présenté comme l'un des plus ambitieux programmes africains de développement durable. Couvrant près de 540 000 kilomètres carrés, ce corridor écologique doit concilier protection de la biodiversité, développement des infrastructures, production d'énergie propre et amélioration des conditions de vie des communautés locales.
À la suite de sa récente mission en Belgique, Marie-Ange Nyange a indiqué que ce projet suscite déjà l'intérêt d'investisseurs européens. Elle a appelé les opérateurs économiques congolais à saisir cette opportunité, soulignant que l'Union européenne mettra en place un mécanisme destiné à réduire les risques liés aux investissements dans cette zone.
Interrogée sur l'échouage d'une baleine à Moanda, dans la province du Kongo Central, la ministre a défendu la décision du gouvernement d'enfouir rapidement la carcasse afin de prévenir tout risque sanitaire.
"La baleine, par nature, peut perdre son orientation. Ce sont des phénomènes rares mais connus. Cette première expérience montre surtout que le pays doit désormais se doter d'équipements adaptés afin d'intervenir rapidement si un tel événement se reproduit", a-t-elle expliqué.
À travers ces différentes initiatives, le gouvernement affiche son ambition de transformer les immenses richesses forestières, hydriques et écologiques de la RDC en véritables moteurs de croissance durable, tout en consolidant le statut du pays comme "pays-solution" face aux défis mondiaux du climat.
Jérémie ASOKO