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Chine-Afrique : une coopération économique renforcée au service du développement durable du continent
CHANGSHA, 15 juin (Xinhua) -- Sur le pavillon de la Côte d'Ivoire, Marie Pélagie Kouassi porte les regards avec ses produits phares : cacao en poudre, beurre de cacao, mangues séchées et épices.
"La Côte d'Ivoire est un grand pays producteur de cacao. Nos produits sont d'excellente qualité et bénéfiques pour la santé", souligne-t-elle. Présente pour la première fois à l'Exposition économique et commerciale Chine-Afrique, elle espère nouer des partenariats et élargir ses débouchés commerciaux.
L'affluence à cet événement témoigne du dynamisme croissant des échanges entre la Chine et le continent africain. En 2024, leur commerce bilatéral a atteint 295,6 milliards de dollars, en hausse de 4,8% sur un an. Pour la seizième année consécutive, la Chine s'est avérée le premier partenaire commercial de l'Afrique.
Au-delà des chiffres, cette coopération économique se distingue par son ancrage dans les besoins concrets du continent et son ambition de contribuer à un développement plus inclusif et durable. Dans un contexte où l'agriculture demeure un pilier des économies africaines, la Chine multiplie les initiatives pour renforcer la production locale et faciliter l'accès aux marchés.
Ainsi, lors de l'exposition, un plat de viande de mouton épicée, préparé à la chinoise avec de la viande importée de Madagascar, attire de nombreux curieux. Ce produit est fourni par une filiale du groupe chinois Yuan's Hi-Tech Seed, spécialisée dans les semences hybrides. L'entreprise développe une chaîne de valeur complète dédiée à la viande ovine malgache.
Pour assurer un approvisionnement régulier, elle a construit un abattoir aux normes sanitaires chinoises, introduction des cultures fourragères locales et mise en place d'un système d'élevage organisé, remplaçant le modèle dispersé traditionnel.
L'innovation agricole passe aussi par les technologies. Le riz vivace mis au point par l'entreprise chinoise BGI Group et implanté notamment en Ouganda, au Burundi et au Mozambique, permet plusieurs récoltes sans replantation. Il réduit les coûts de production, libère du temps pour d'autres activités économiques et préserve les sols en limitant le recours au travail.
Sur le plan industriel, la coopération sino-africaine prend forme à travers l'essor des zones économiques spéciales, véritables catalyseurs d'industrialisation. De nombreuses entreprises chinoises s'y installent, contribuant à la structuration des chaînes de production locales.
A Mbale, en Ouganda, les produits issus de la zone industrielle sino-ougandaise sont directement acheminés vers la capitale, Kampala. Cette initiative s'inscrit dans le cadre de la politique "Buy Uganda, Build Uganda", qui vise à stimuler la production nationale et à encourager la consommation locale.
"Nous espérons que ces parcs industriels verront naître davantage de marques africaines capables de s'imposer à l'échelle mondiale sous le label 'Made in Africa'", déclare David Bahati, ministre d'Etat à l'Industrie au ministère ougandais du Commerce, de l'Industrie et des Coopératives.
Ce partenariat étroit s'étend désormais aux secteurs du numérique et du commerce électronique, devenus des vecteurs stratégiques pour l'inclusion économique et l'innovation.
Le 10 juin, une plateforme de commerce transfrontalier Chine-Afrique a été inaugurée à Changsha. Elle ambitionne de devenir un pôle logistique clé, facilitant l'accès des entreprises chinoises au marché africain et offrant aux entreprises africaines une vitrine vers le monde.
Parmi les acteurs majeurs de l'e-commerce figure Kilimall, entreprise fondée en 2014 à Nairobi. Présente dans plusieurs pays d'Afrique de l'Est, elle compte aujourd'hui plus de 10 millions d'utilisateurs et propose plus de quatre millions de références.
Selon le directeur de marque, Liao Zhengrong, Kilimall a permis de créer plus de 10.000 emplois directs en Afrique. Elle propose une série d'incitations, à savoir l'exonération de commissions et des subventions logistiques, afin d'encourager les jeunes et les petites entreprises africaines à se lancer dans le commerce numérique.