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« Balia na moto bazika ! »
« Balia na moto bazika ! » pour « ceux qui mangent chaud se brûlent », en lingala.
Une réalité voire une évidence qui ne se discute point. Comme une touffe de cheveux sur la tête d’un chauve. A moins d’être aveugle ou de refuser de voir pour ne pas voir cette touffe de cheveux.
Pour revenir au sujet du jour, si l’on procède à un petit sondage sur une dizaine de personnes pour connaître qui d’entre elles se sont déjà brûlés la bouche, pas toute la bouche, mais seulement la langue qui est l’élément dégustatif majeur, on aboutira à un pourcentage de plus de 90 pour cent. En considérant que le verbe « kolia » dont il s’agit ici est « manger » ou » boire ».
Il y a quelques jours, l’un de mes confrères et moi avons abordé ce sujet. Ce qui a provoqué une vague de rires. J’ai oublié l’origine de cette chronique comme on en souvent dans notre rédaction, surtout à l’époque de feu éditeur José Nawej, entre deux ou trois phrases voire entre deux paragraphes.
Ce jour-là, j’ai demandé à notre caricaturiste Patou s’il lui était déjà arrivé de se brûler la bouche avec une banane chaude. Oh quel calvaire à l’issue duquel la langue devient insensible au goût !
De grâce, que cette mésaventure ne vous arrive pas devant une grande assemblée. En ce moment, on se demande s’il faut cracher le morceau de banane qui vous colle presque dans la ou si l’option de continuer à tourner la banane dans la bouche est la meilleure.
La première option a l’heureux avantage de vous aider à vous débarrasser d’un compagnon encombrant, puisque devenu dangereux. Mais on s’attendre au tournant à la honte devant les autres. Quant à la seconde position, c’est à vos risques et périls, car les dégâts sont évidents.
Et pas plus tard que hier mardi, à peine arrivés au beach de Kimbemba, mes compagnons et moi, affamés après trois heures de route cahoteuse, bien qu’à bord d’une LandCruiser, nous nous sommes attablés dans un restaurant de fortune. Nourriture commandée, un plat de haricots. Avec pour dangereuse particularité : pas de fumée visible pour montrer qu’il est très chaud.
Et moi de plonger ma première cuillerée bien remplie. Hop! Je lance la quantité de haricots dans une bouche très affamée! Je vous épargne la suite du bonheur gâché que j’ai dû vivre.
Pour extrapoler, Ii n’y a pas que la nourriture ou la boisson chaude qui peut brûler. Essayez de prendre une décision irréfléchie sous le coup de la colère. Vous regretterez l’acte !
Comme leçon : Évitons d’agir dans la précipitation, sous l’emprise des émotions car les conséquences sont désastreuses.
Kléber Kungu