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La population invitée à faire attention à la désinformation
Depuis le lancement du débat sur la révision voire le changement de la Constitution, nous assistons à une floraison des messages sur les réseaux sociaux, les uns aussi invraisemblables que les autres. Pour ne pas tomber dans les pièges des cybercriminels, la population est invitée à faire preuve de prudence face aux différentes informations postées sur les réseaux sociaux.
Nous en voulons pour preuve un document que la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) rejette parce qu'elle ne reconnaît pas son authenticité. Il s'agit d'un faux document présenté comme un communiqué d'une prétendue "Commission des jeunes catholiques de la République démocratique du Congo".
Les signataires du document contestent la position de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) sur la révision constitutionnelle. Ils prétendent, à cet effet, s'exprimer au nom des jeunes catholiques de la RDC. Au lieu d'analyser attentivement ledit document, il en ressort plusieurs incohérences majeures qui remettent sérieusement en cause son authenticité et sa crédibilité, souligne la Cenco.
UN FAUX DOCUMENT ATTRIBUE AUX LAICS CATHOLIQUES
Le premier élément qui saute aux yeux, c'est l'existence même de la fameuse structure à l'origine du document querellé. Au sein de l'Église catholique, une telle structure n'existe pas.
En plus, la date du document intrigue. Le 31 mai 2025 est bien antérieur à la controverse actuelle autour de la révision constitutionnelle qui a pris une ampleur particulière plusieurs mois plus tard. Cette incohérence chronologique soulève la question sur le contexte réel de sa diffusion au moment où les prises de position de la Cenco occupent le devant de la scène politique et médiatique.
La forme du document, souligne l'épiscopat congolais, révèle également une volonté manifeste de lui conférer une apparence officielle : logos, cachets, signature et mise en page institutionnelle. Des signaux soigneusement assemblés pour reproduire les codes visuels habituellement utilisés dans les communications ecclésiales.
UN DOCUMENT A COTE DE LA PLAQUE
Selon la Cenco, le contenu du texte lui-même renforce les doutes. L'essentiel de son argumentation ne porte pas sur les enjeux juridiques ou politiques d'une éventuelle révision constitutionnelle. Il est plutôt consacré à remettre en cause la légitimité de la Cenco et de ses évêques. Ses auteurs soutiennent notamment que la position de la Cenco "n'engage en rien toute l'Église catholique de la RDC". Une affirmation qui méconnaît le rôle institutionnel de la Cenco, organe officiel regroupant les évêques catholiques du pays et chargé de porter leur parole commune sur les grandes questions nationales.
Pour les prélats, ce faux document présente les caractères d'une opération de désinformation visant à influencer l'opinion publique. Dans ce contexte marqué par des fortes tensions politiques, la population devrait s'abstenir de se fier à n'importe quelle source d'information. C'est le cas dernièrement avec le nombre de victimes lors du sit-in organisé par la coalition C64. Chacun en est allé avec ses chiffres, selon son gré.
Muke MUKE