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Au-delà du lisible “ Makambo aveugle amoni, yango baba a expliqué”
« Makambo aveugle amoni, yango baba a expliqué”. Il s'agit d'une expression très populaire de la rue kinoise. On dit parfois : «Oyo aveugle amoni, yango baba a expliquer ». En lingala, cela signifie : « Ce que l'aveugle a vu, c'est le sourd qui l'a expliqué ».
Bravo à la consœur qui m'a envoyé cette belle métaphore utilisée pour souligner une situation paradoxale où les rôles sont inversés, ou pour désigner une vérité tellement flagrante ou choquante que même ceux qui sont privés de leurs sens (ou en marge d'une affaire) finissent par la comprendre et la révéler au grand jour. Une fois encore, l'auteur anonyme s'est servi d'un véhicule Mercedes Benz Sprinter comme support pour faire passer son message qui nous donne un message fort!
Cette métaphore met en opposition deux personnes en situation de handicap (PSH) ou vulgairement appelées personnes vivant avec handicap (PVH): l'aveugle et le sourd-muet ou le muet simplement. L'aveugle ne peut pas voir : il lui est donc impossible de voir ce qui se passe. Le sourd ne peut pas entendre : il ne peut donc pas écouter les explications.
C'est paradoxal que ce que le premier - qui ne voit pas - a vu fasse l'objet d'explications - à haute et intelligible voix - de la part de celui qui est privé de l'usage de la voix. Comment cela pourrait être possible ? C'est la question que cette sagesse semble poser.
Cette expression est donc une célèbre boutade ou devinette absurde qui illustre une situation impossible. Elle sert à souligner l'absurdité des rumeurs, des ragots et des informations rapportées par des personnes qui ne sont pas en mesure de témoigner correctement. Ce que les Congolais aiment appeler “ radio trottoir”.
Il y a l'impossibilité puisque l'un ne peut pas voir et l'autre ne peut pas entendre ni parler, toute l'histoire est basée sur le mensonge ou sur des "on-dit" invraisemblables. Cette phrase est souvent utilisée avec humour pour se moquer de ceux qui croient aveuglément aux rumeurs rapportées par des personnes dont les témoignages ne sont pas fiables.
Deux cas de figure s'offrent généralement dans l'emploi de cette belle expression selon le contexte de la discussion. D'abord en politique ou dans les actualités : Pour illustrer une situation où des preuves ou des faits sont évidents aux yeux de tous, et que quelqu'un d'autre se charge de l'exposer clairement au public. Dans les polémiques (notamment musicales ou sur les réseaux sociaux) : Pour décrire une situation où une affaire ou un secret finit par être exposé de manière inattendue par quelqu'un qui n'était pas censé pouvoir le percevoir.
Kléber KUNGU