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Au commencement était l’incursion
Encore et toujours le Kivu. Région martyre et peuple martyrisé. Porte d’entrée de toutes les guerres dans la guerre vieille d’un quart de siècle! Déjà! Province cobaye pour toutes les variantes d’agressions mal « couvertes » par des rébellions et des groupes armés business.
En raison de cette jurisprudence écrite en lettres de sang et la comptabilité macabres y afférente, rien ne saurait être tenu pour anodin, banal ou encore pour – fait- isolé dans ce Kivu épicentre de la guerre sans fin mais avec faim.
Comment avoir le sens de la mesure et même la mesure du sens quand on sait que sans se payer les mots, même la plus petite incursion n’est pas gratuite dans cette région? Ici, au commencement était l’incursion et l’incursion engendra le drame et celui-ci la tragédie.
Tout à fait dans son rôle, le gouverneur du Sud- Kivu a rassuré dans toutes les langues que la situation est sous contrôle. Que le Ciel l’entende.
Il n’en demeure pas moins que les Congolais en général et ceux vivant dans l’Est du pays en particulier, ont tellement vu et vécu dans leur chair l’exact contraire de ce qu’ils ont entendu qu’ils ne prennent plus aucun discours pour argent comptant. Chat échaudé craint même l’eau froide.
D’autant qu’un halo de mystère continue à envelopper la tragédie qui a pour scène l’Est de la RDC. Bien malin qui pourrait savoir si la pièce tragique tend vers sa fin ou s’il ne s’agit que d’entractes. Question pour le ou les metteur(s) en scène de livrer la suite de la tragédie qui défie la sacro- sainte règle de trois unités, à savoir l’unité de temps.
Bien entendu pour les auteurs de la tragédie, l’enjeu vaut bien cette transgression. Car, il ne s’agit pas de voler quelques vaches du Kivu. L’implacable logique est celle d’une guerre d’usure avec pour objectif final sinon de saucissonner, du moins de faire de tout ou partie de sa partie orientale un vaste comptoir où des prédateurs lointains et leurs sous-traitants locaux se serviraient gratuitement les richesses naturelles de la région. Ce sera ça ou la mutualisation que Nicolas Sarkozy, alors Président de la république française, est venu annoncer aux Congolais via leurs élus.
Retour à l’incursion de ce fameux groupe d’assaillants pour relever que le moment de cette attaque n’est peut- être pas innocent. Cette attaque n’est pas sans rappeler l’incursion des éléments de l’armée rwandaise à Kibumba dans le Nord- Kivu.
Non loin de Bukavu, le pourtant nécessaire ‘État de siège au Nord- Kivu et en Ituri semble en passe de tourner à un état de piége .Gare à l’enlisement! Ce n’est pas tout. A Kinshasa, l’establishment – toutes chapelles confondues- parait absorbé par l’épreuve de force politique qui s’annonce sur fond de malaise social. Ceci expliquerait- il cela?José NAWEJ