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Après la victoire éclatante de l’USN aux législatives : L’identification de la majorité et la désignation d’un formateur pas obligatoires
Les résultats des législatives nationales sont connus de tous après leur publication par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). À cause du désordre caractérisé enregistré lors de sept jours de vote, beaucoup de recours en contestation ont été introduits à la Cour constitutionnelle. Mais il est certain que cette Haute cour ne modifiera pas fondamentalement la tendance générale des résultats d’autant plus que la presque totalité des contestations émanent des partis et regroupements politiques, et des candidats membres de l’Union sacrée de la nation (USN). Celle-ci va demeurer donc largement majoritaire.
Face à cette réalité et pour gagner du temps, il ne s’avère pas obligatoire d’organiser la tâche de l’identification de la majorité car, en principe, cette étape est faite lorsque le nombre des élus est serré entre les différentes composantes politiques qui ont fait élire beaucoup de députés à l’Assemblée nationale. Mais tel n’est pas le cas après les législatives nationales du 20 décembre 2023.
Le pays, comme d’aucuns le reconnaissent, traverse une période extrêmement délicate qui appelle des mesures urgentes et idoines pour faire face utilement aux différents défis à relever. Il faut donc aller vite en besogne pour rattraper le temps perdu.
C’est ce qui justifie les demandes des citoyens lambda qui, dans les milieux de travail et les moyens de transport en commun, invitent le Président de la République fraîchement réélu d’aller tout droit au but en procédant à la nomination d’un Premier ministre, chef du gouvernement. La tâche, comme dit ci-haut lui est facilitée.
Sur le plan de la configuration politique, s’il s’en tient aux principes de base, le Premier ministre ne doit pas provenir de son parti politique l’Udps et sa mosaïque. Même si dans son discours d’investiture Félix Tshisekedi a déclaré que l’opposition a de la place dans la gouvernance du pays, il est exclu que ce poste soit confié à un membre de cette composante. La cohabitation au haut sommet de l’Etat a plus d’inconvénients que des avantages, même si l’unité du pays est capitale.
Ainsi, le Président de la République peut puiser dans le regroupement politique ayant obtenu le plus grand nombre de sièges pour nommer le Premier ministre. Sur le plan géopolitique, l’exercice est aussi aisé d’autant plus ce poste ne doit pas revenir à une personnalité de l’espace Grand Kasaï dont il est issu. Il lui revient de jouer sur certains critères pour éviter des frustrations de la part de certains de ses compatriotes qui, depuis l’indépendance du pays, n’ont pas encore vu un des leurs diriger le gouvernement.
Chacun veut faire partie de Tshisekedi II
Outre ces détails non moins importants sur le plan politique, il faut souligner un autre défi pour la formation du gouvernement. Il s’agit de sa taille. L’équipe sortante de Sama Lukonde comprend 56 membres y compris lui-même: 4 vice-remiers ministres, 9 ministres d’Etat, 31 ministres, 1 ministre délégué près le Président de la République, et 11 vice-ministres. Connaissant l’obsession des acteurs politiques congolais à l’occupation des postes ministériels, le chef de l’Etat est en train de subir certainement en ces instants des fortes pressions de toutes parts.
Pour la plupart d’entre eux, leur devise est devenir ministre ou mourir. Malheureusement pour le peuple, ils tiennent à occuper ces fonctions pour leurs propres intérêts.
Face à ce dilemme, le Président Tshisekedi ne doit pas perdre de vue qu’il est à son second et dernier mandat, et qu’il est contraint de sortir par la grande porte comme feu Joseph Kasa-Vubu qui est considéré comme une référence en matière de gouvernance. Il est aussi appelé à se comporter à l’exemple du Sphinx de Limete, son défunt géniteur, qui ne transigeait pas avec la rigueur. Pour preuve, élu à la Conférence nationale souveraine (CNS) par une assemblée de près de 1800 délégués, il a constitué un gouvernement de 25 ministres seulement alors que de sollicitations étaient en grand nombre par ses pairs de l’Union sacrée de l’opposition et alliés (Usor et Alliés). S’il pouvait appliquer l’adage selon lequel tel père tel fils, il gagnerait largement en notoriété comme il a gagné le 20 décembre 2023. Muke MUKE