Dernière minute
Société
Face aux risques liés à la maladie à virus Ebola et à la variole du singe (Mpox), le médecin-chef de zone de santé de Tchomia a, au cours d'une séance de sensibilisation le dimanche 11 octobre, appelé sa population au respect strict des mesures de prévention contre ces maladies. Il…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Le projet de loi relatif aux droits d'auteur et aux droits voisins en République démocratique du Congo a été révisé au terme de sept jours de travaux d'une commission interministérielle, clôturés…
Étranger
Il y a eu plus de peur que de mal. Le Pape Léon XIV a subi une intervention chirurgicale qui a consisté en une ablation d'un nodule pulmonaire, le mardi 13 octobre 2026. Le médecin a retiré avec…
Nation
Plus de 50 candidats ont pris part, hier mercredi 14 octobre, au concours écrit de recrutement des enseignants du secondaire dans la sous-division de Demba 2, au Kasaï-Central. Organisée à l' EP1…
Alexis Gisaro : "Nous n'avons jamais demandé au Rwanda de protéger la communauté Banyamulenge"
"Nous n'avons jamais demandé au Rwanda de venir ici pour protéger notre communauté". C'est en substance en ces termes que le ministre d'Etat des Travaux publics et de la Reconstruction, a rejeté les raisons avancées par le Rwanda pour justifier ses actions meurtrières en RDC. Il a animé hier mardi 11 mars, à la RTNC, un briefing presse, aux côtés de Patrick Muyaya, ministre de la Communication & Médias, sous le thème "Cohabitation pacifique des communautés en RDC, la place des Banyamulenge".
Alexis Gisaro apportait donc un éclairage sur les défis de cohabitation au sein du pays, notamment dans l'Est, et répondait aux accusations de marginalisation et d'ingérence extérieure.
Le ministre des Travaux publics a fermement rejeté les raisons avancées par le Rwanda pour justifier ses actions en RDC. "Les raisons avancées par Kigali ne sont que des agendas cachés. Nous ne voulons pas que le Rwanda nous serve de marchepied, et nous voulons vivre en paix avec les autres communautés de la RDC", a-t-il affirmé.
Le ministre Alkexis Gisaro a réitéré ainsi la volonté des Tutsi congolais de se détacher de toute instrumentalisation géopolitique.
Pour Alexis Gisaro, la guerre qui sévit dans l'Est de la RDC est d'abord une guerre économique, liée aux ressources naturelles du pays. Il a insisté sur le fait que la communauté tutsi congolaise n'a pas besoin de "protection" du Rwanda, rejetant ainsi l'argument selon lequel Kigali interviendrait pour défendre ses ressortissants.
Alexis Gisaro a également abordé la question de la discrimination envers les Banyamulenge, rappelant que la communauté était bien représentée au sein des institutions politiques congolaises.
"Je suis ministre d'État et élu dans ce pays. Avant moi, il y a eu des ministres et des élus, dont des Banyamulenge. Lorsqu'on parle de discrimination, il faut nuancer le terme. La représentativité de notre communauté est une réalité", a-t-il expliqué, réfutant les accusations selon lesquelles les Banyamulenge seraient systématiquement marginalisés en RDC.
Il a fait savoir que l'ingérence du Rwanda a contribué à exacerber la situation sécuritaire dans l'Est du pays, où les groupes armés sont devenus omniprésents.
"Le phénomène de l'existence des groupes armés est perceptible dans le pays comme ailleurs. Cela signifie qu'il y a un problème de circulation d'armes, et il vaut mieux le régler", a souhaité Alexis Gisaro. Cependant, selon lui, la situation s'est détériorée à cause des "multiples invasions " rwandaises, qui ont alimenté l'instabilité et les violences dans la région.
Alexis Gisaro a également remis en question l'argument de l'existence d'un prétendu projet d'extermination des Tutsi en RDC, une justification fréquemment avancée par le Rwanda pour justifier ses actions.
"J'appelle cette situation terrible que nous vivons aujourd'hui, où notre pays est divisé, victime d'une agression et d'une occupation avec des prétextes fallacieux. Un pays nous dit qu'il vient protéger la minorité Tutsi ou Banyamulenge qui serait en danger d'extermination. Mais où se trouve ce projet d'extermination? Qu'on me dise à quel endroit il a été conçu et combien de Tutsi sont massacrés aujourd'hui en RDC", a-t-il souligné avec force.
Le ministre des Travaux publics a comparé l'ingérence du Rwanda à celle d'un "pyromane", qui met le feu et prétend ensuite éteindre les flammes. "Nous avons ici affaire à une situation où vous avez un pyromane qui dit qu'il y a le feu alors que le feu n'existe pas, et qui vient après dire : 'c'est moi le pompier' pour éteindre ce feu", a-t-il ajouté, dénonçant une tentative d'instrumentaliser la question de la protection des minorités à des fins géopolitiques.
Alexis Gisaro a réaffirmé son attachement à la souveraineté de la RDC et réitéré que la communauté Banyamulenge n'avait jamais sollicité l'aide du Rwanda pour sa protection. Il a toutefois appelé à un règlement pacifique des différends internes et à un renforcement de l'unité nationale.
Il a également indiqué que la cohabitation entre les communautés congolaises, bien qu'imparfaite, est un défi à résoudre sur la base de la compréhension mutuelle et du respect des principes de la souveraineté.
De ce fait, il a rappelé que les problèmes de cohabitation intercommunautaire ne sont pas uniques à la RDC, citant des exemples internationaux comme l'Afrique du Sud et les États-Unis, où des tensions raciales ont existé mais ont été progressivement atténuées par le dialogue et des politiques inclusives.
FDA