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La traduction de l’expression en lingala «Ba oyo balie safu te bazela manga etela» se traduit en français par «Ceux qui n’ont pas mangé de safous attendent que la mangue mûrisse». Aujourd’hui, ce sont les deux fruits parmi les plus prisés en Afrique, particulièrement en RDC, le safou et la…
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«Ba oyo balie safu te bazela manga etela»
La traduction de l’expression en lingala «Ba oyo balie safu te bazela manga etela» se traduit en français par «Ceux qui n’ont pas mangé de safous attendent que la mangue mûrisse». Aujourd’hui, ce sont les deux fruits parmi les plus prisés en Afrique, particulièrement en RDC, le safou et la mangue, qui sont à l’honneur. C’est la commune de Bandalungwa qui nous a fourni cette sagesse alors que nous étions en quête du carburant le vendredi 1er octobre 2026.
Au figuré, c’est un proverbe ou une expression métaphorique populaire du pays. Elle signifie qu’il faut savoir faire preuve de patience, car chaque chose vient en son temps et tout finit par arriver pour ceux qui savent attendre. L’expression illustre la patience, la résilience et l’espoir face aux cycles de la vie ou des affaires.
Le sens littéral en termes de contexte naturel signifie que le safou, considéré comme la prune locale, et la mangue sont deux fruits saisonniers d’Afrique centrale et que leurs périodes de récolte ne se superposent pas forcément. Les safous se récoltent souvent d’avril à juin, d’août à septembre, tandis que les mangues, de septembre à novembre. Ce proverbe veut également dire que si une personne a manqué la saison des safous pour plusieurs raisons entre autres par manque de chance, de moyens ou pour une mauvaise récolte, il n’y a pas à s’affoler. Elle peut attendre la période des mangues, quoique la mangue ne soit pas le safou. En attendant, la personne doit prendre son mal en patience en attendant que les mangues arrivent à maturité sur l’arbre.
L’expression apporte une leçon de vie avec plusieurs grands messages qu’il véhicule. D’abord la patience face aux opportunités manquées. Si nous avons raté une occasion ou si nous traversons une période difficile que le proverbe exprime par ne pas avoir «mangé de safous», tout est loin d’être perdu. En effet, une autre opportunité viendra, représentée par la «mangue». Mais elle exige du temps pour se concrétiser « que la mangue mûrisse». L’autre message est la gestion des cycles et de la rareté : dans la vie, les réussites et les abondances se réalisent de manière cyclique. Quand une source de profit ou de bonheur tarit, il faut savoir attendre patiemment la suivante sans forcer les choses.
Le troisième message est l’espoir et la persévérance. C’est une invitation à ne pas désespérer. L’attente fait partie du processus de préparation à un avenir radieux. En somme, ce proverbe souligne le fait qu’à la déception ou la privation succède le temps de l’espoir, à condition, toutefois, de savoir attendre le bon moment, c’est-à-dire la maturité en termes de fruits, pour saisir la prochaine chance.
Kléber KUNGU