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Agression rwandaise : La RDC appelle la communauté internationale à reconnaitre le génocide congolais
La communauté internationale a été appelée lundi, à reconnaitre le génocide perpétré par l'armée rwandaise et ses supplétifs de l'AFC-M23 dans l'Est de la République démocratique du Congo, par le gouvernement congolais, lors de la 60ème session ordinaire du Conseil des droits de l'Homme à Genève, en Suisse.
"Reconnaître les génocides congolais, c'est honorer les victimes et affirmer que l'impunité ne sera jamais tolérée. Le peuple congolais ne cherche pas à réparer les douleurs, ni à dresser une communauté contre une autre. Il aspire à la vérité et à la justice", a déclaré Guillaume Ngefa, ministre congolais de la Justice.
Il a, par ailleurs, réaffirmé la ferme volonté du gouvernement congolais de juger les crimes perpétrés dans les zones occupés par l'AFC-M23 soutenu par le Rwanda.
"Le gouvernement de la République démocratique du Congo affirme sa ferme volonté de prendre des mesures concrètes afin que tous les crimes de masse et actes de nettoyage ethnique soient jugés", a-t-il dit.
Le ministre Ngefa a relevé que le gouvernement congolais continue d'assurer le monitoring de toutes les violations graves du Droit international humanitaire qui continuent d'être perpétrées par les forces d'occupation pour installer une véritable gouvernance par crimes.
Il a réitéré l'engagement de la RDC pour la justice en faveur des victimes des crimes perpétrés dans l'Est du pays comme un pilier important.
"Notre engagement pour la justice et la solidarité en faveur des victimes reste un pilier, y compris dans le processus de discussions en cours pour le retour de la paix. Nous devons par ailleurs résister à la tentation d'instrumentaliser l'histoire", a-t-il dit.
"C'est d'ailleurs, ce qui explique la création du Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées au conflit (Fonarev), qui constitue une réponse nationale forte destinée à apporter réparation et consolation aux victimes", a-t-il ajouté.
Depuis 1993, l'histoire de la RDC s'écrit dans les feux et le sang
Le ministre congolais Samuel Mbemba, en charge des Droits humains, a, dans son intervention, expliqué que depuis 1993, l'histoire de la RDC s'écrit dans les feux et le sang.
"Si la RDC a connu diverses scènes de violence depuis son accession à l'indépendance, c'est depuis 1993 que son histoire s'écrit dans les feux et le sang, marquée par une succession de crises humanitaires et de conflits d'une brutalité inédite", a-t-il dit.
Il a rappelé que la RDC a été le théâtre de multiples épisodes sanglants de terreur et de violences, alimentant un cycle ininterrompu d'instabilité, évoquant notamment les guerres d'agression menées par des pays voisins, ainsi que la sédentarisation dans l'Est du territoire de groupes armés étrangers, transformant le pays en "théâtre à ciel ouvert" où se sont déroulées, par vagues successives, "les scènes les plus cruelles choquant la conscience de l'humanité".
Dans son message enregistré, projeté lors des assises, le président Félix Tshisekedi a affirmé que depuis plus de trois décennies, les populations congolaises "payent tant de tributs humains insoutenables", évoquant des "familles décimées", des "villages rayés de la carte" et des "femmes et enfants brisés par des crimes planifiés et systématiques".
De son côté, Mme Bintou Keita, représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU et cheffe de la Monusco, a réaffirmé l'engagement des Nations Unies à accompagner la RDC dans sa quête de vérité et de justice.
ACP