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Affaire "Mobondo": Kwamouth appelle au renforcement du dispositif sécuritaire
Quand on parle de la sécurité en RD Congo, la tendance générale est de limiter la problématique aux seules provinces des Kivu et de l'Ituri. Normal, quand on sait que dans cette partie orientale du pays, l'activisme des rebelles, des terroristes ougandais ADF et autres groupes armés locaux, commettent de pires crimes.
Cependant, on semble minimiser ou banaliser le phénomène "Mubondo" ou "Mobondo"- c'est selon - observé depuis quelque trois années, dans les provinces du Kwilu et du Mai-Ndombe.
"Mobondo"? Eh oui. On en parle. Certes, à mi-ton et pas dans les mêmes termes ni la même rhétorique que celle qu'on utilise pour présenter la situation dans l'Est.
Pourtant, il s'agit bel et bien d'une milice qui distribue la mort gratuitement à qui ils veulent. Leur champ des opérations reste l'espace Grand Bandundu. Particulièrement, le Plateau des Bateke, le territoire de Kwamouth.
Pas plus tard que le mardi 26 août, des éléments de cette milice ont attaqué un véhicule sur la RN 17, avant de disparaître dans la nature. Le bilan de cette attaque fait état de 2 morts dont le chauffeur.
"Mardi dernier sur la Route nationale 17, à quelque 100 mètres du village Limete, précisément à la hauteur de la ferme agro-pastorale appartenant à M. Sadi, trois éléments "Mobondo" ont ouvert le feu sur un véhicule portant les marques MM. Le chauffeur a reçu des balles dans le dos. Les militaires se trouvant dans le véhicule attaqué, l'ont aussitôt conduit à Masambio, espérant lui sauver la vie. Hélas. Un militaire membre de l'équipage également touché par des balles, a succombé sur place", renseigne à Top Congo FM, M. Bertin Ngweni de la Société civile du territoire de Kwamouth, dans la province du Mai-Ndombe.
RENFORCER LE DISPOSITIF SECURITAIRE
A Kwamouth, ce ne sont ni des éléments de l'armée rwandaise ni ceux de l'armée ougandaise qui tuent. A en croire des sources croisées, les assaillants sont des jeunes autochtones Yaka qui, sous prétexte de défendre leurs terres, ont pris les armes pour régler des comptes à leurs frères Téké voisins.
Ainsi, depuis trois ans, les miliciens Mobondo ont réussi à instaurer, à leur manière, un "état de siège" dans le territoire de Kwamouth.
Munis d'armes blanches, d'armes de chasse et autres armes modernes récupérées des mains de leurs victimes sans vie, ces miliciens impavides, ont créé une psychose généralisée, au point de paralyser les activités économiques. Car, de nombreux responsables de familles, la peur dans le ventre, n'entendent plus s'exposer aux risques constants d'une éventuelle attaque des Mobondo.
Question: combien de morts faudra-t-on enregistrer, avant de prendre des mesures fortes, capables d'enrayer le phénomène Mobondo? Et dire que les voyageurs à destination de Kikwit, par la RN1, ne sont pas à l'abri des attaques de ces miliciens. Voilà qui explique le refus catégorique des responsables de différentes agences de voyage, de libérer leurs chauffeurs pour des voyages nocturnes très risqués.
Compte tenu de l'ampleur des dégâts causés par ces hors-la-loi, la société civile de Kwamouth ne demande pas mieux au Gouvernement, si ce n'est le renforcement du dispositif sécuritaire dans ce coin de la province du Mai-Ndombe ainsi que dans les communautés circonvoisines.
Dans la même veine, M. Bertin Ngweni appelle vivement la tenue du forum de paix Téké -Yaka, les deux tribus voisines, principales protagonistes à cette "guérilla" de trop.
Grevisse KABREL