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Affaire déguerpissement diplomates français : Le VPM Shabani suspend Kilimbalimba et le commandant de la LNI
La hiérarchie de la Police nationale congolaise vient de sévir. Dans un communiqué rendu public, samedi 31 août, deux hauts officiers généraux ont été suspendus de leurs fonctions à titre conservatoire. Il s’agit du commissaire divisionnaire adjoint Kabeya Tshiani Magnat, commandant de la légion nationale d’Intervention (LNI), et du commissaire provincial de la PNC pour Kinshasa, Kilimbalimba Mbula Blaise.
Cette décision musclée fait suite aux instructions fermes du Vice-Premier Ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani Lukoo, lors d’une réunion tenue le 29 août avec la haute hiérarchie policière. Les deux officiers sont visés pour leur implication dans les déguerpissements qui ont récemment défrayé la chronique à Kinshasa.
Ils sont en effet mis en cause pour les expulsions d’occupants de l’immeuble Kamul inter, mais surtout pour le déguerpissement musclé de diplomates français de leur résidence dans la commune de la Gombe. Ce qui aurait pu occasionner un regrettable incident diplomatique entre Kinshasa et Paris.
La suspension de ces deux généraux de la PNC intervient » à titre conservatoire, en attendant les conclusions des enquêtes en cours », précise le communiqué, en se basant sur l’article 125 de la loi régissant le statut des personnels de la police. Une façon pour les autorités de calmer le jeu et d’apaiser les tensions diplomatiques avec la France après cet incident.
Contexte
Le 23 août dernier, deux diplomates français ont été pris pour cible lors d’une tentative d’intrusion violente dans leur résidence officielle. des agents du parquet, accompagnés de policiers, ont tenté un déguerpissement « irrégulier « , selon les autorités congolaises dans une résidence diplomatique française, en se basant sur une réquisition du Procureur Général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe.
Une situation d’une extrême gravité qui a rapidement alerté les plus hautes instances à Kinshasa et Paris. Dès le lendemain, la ministre congolaise des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba a fermement condamné ces » actes de violence » et annoncé l’ouverture d’une enquête.
Le président Félix Tshisekedi a lui-même reçu l’ambassadeur de France Bruno Aubert pour lui présenter ses regrets après cet incident » portant atteinte aux conventions internationales sur la protection des diplomates « . Il a assuré que les auteurs avaient été interpellés.
» Il n’y a absolument aucune base légale ou juridique qui puisse justifier cet événement « , a martelé l’ambassadeur français à l’issue de ses échanges avec les ministres congolais de l’Intérieur et des Affaires étrangères.
Des sources locales suggèrent que l’incident serait lié à un conflit foncier, au cours duquel l’un des diplomates aurait été agressé et contraint de remettre les clés de la résidence. Cependant, selon les dires de l’ambassadeur de la France, la propriété de la résidence par l’Etat français a été » confirmée à plusieurs reprises par des jugements« .
Si les déguerpissements violents sont monnaie courante à Kinshasa, celui visant des diplomates étrangers était d’un tout autre niveau. D’où cette sanction ferme du gouvernement, qui semble désormais compter remettre de l’ordre au sein d’une institution policière régulièrement épinglée pour ses dérives.
Le procureur général et d’autres responsables suspendus
Par ailleurs, le Procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe a été suspendu de ses fonctions suite à une exécution irrégulière ayant conduit à ce déguerpissement.
Selon un communiqué du ministre d’État, ministre de la Justice et garde des sceaux, la suspension du procureur général est immédiate. Cette mesure ne se limite pas à ce haut magistrat, mais s’étend également à d’autres responsables impliqués dans cette procédure jugée irrégulière.
L’affaire a pris une tournure plus grave avec l’arrestation de cinq policiers le jour même de l’incident. Ces agents des forces de l’ordre auraient participé, aux côtés « plaignants » et d' »agents du parquet« .
Les autorités congolaises ont réagi avec vigueur face à cet incident diplomatique. Outre les suspensions et arrestations déjà mentionnées, le communiqué annonce également l’interpellation des juges ayant rendu le jugement qualifié d' »inique » à l’origine de cette situation.
Tshisekedi appelle à sanctionner les avocats impliqués
En conseil des ministres du vendredi 30 août , le président, Félix Tshisekedi, a pointé du doigt le rôle potentiellement trouble joué par certains avocats dans cet incident diplomatique qui a secoué la capitale congolaise une semaine auparavant.
Le chef de l’Etat a fermement dénoncé ce qu’il a qualifié de « ficelage » de procédures judiciaires en dehors du cadre déontologique de la profession d’avocat. Cette pratique, selon lui, aurait contribué à l’expulsion irrégulière du diplomate français de sa résidence, provoquant ainsi un incident diplomatique majeur.
Dans un appel sans équivoque, Fatshi a exhorté le bâtonnier national et les bâtonniers provinciaux à prendre leurs responsabilités. Il a insisté sur la nécessité de ne pas laisser impunis les avocats qui auraient pu être impliqués dans la préparation de telles procédures, considérées comme contraires à l’éthique et à la déontologie de leur profession.
» J’interpelle le Bâtonnier National et les Bâtonniers des différents Ordres de la République à ne pas laisser hors sanction tous les Avocats impliqués dans le ficelage de ce genre de procédures qu’ils accomplissent généralement en marge de leur déontologie professionnelle « , a déclaré le Président Tshisekedi.
Cette intervention présidentielle élargit le champ des investigations et des sanctions potentielles au-delà des seuls magistrats et forces de l’ordre déjà visés par des mesures disciplinaires. Elle souligne la détermination des plus hautes autorités de l’État à faire toute la lumière sur cette affaire et à s’attaquer aux racines du problème, y compris au sein de la profession d’avocat.
Christian-Timothée MAMPUYA