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Adolphe Muzito: « La nation perd non seulement un journaliste, mais un grand homme, un homme généreux, patriote, qui aimait son pays »
Je garde une mémoire heureuse de José, d’abord comme intellectuellement un homme de gauche, trempé dans la doctrine socialiste et très dialecticien. Nous passions le temps à débattre sur le plan des idées. Il avait un penchant vers la gauche.
Pour lui le Congo devait arriver à ce qui se dessine le clivage gauche-droite et en développant une classe des capitalistes libéraux d’une part et d’autre part une classe des paysans et ouvriers. Et que le rapport des forces de la nation oppose la gauche et la droite, plutôt qu’on fasse prévaloir le clivage de type régional.
Il dit au Congo les ouvriers comme les paysans ont une cause et ils doivent retrouver l’unité pour lutter pour leur cause en ce qu’ils sont malmenés par une droite de prédation qui, elle aussi, est nationale.
Au lieu d’opposer les provinces les unes aux autres, l’Est contre l’Ouest, ainsi que les leaders émergent comme leaders de l’Est ou de l’Ouest, plutôt qu’il y ait un clivage entre les ouvriers et les paysans qui sont aujourd’hui exploités et opprimés d’une part, et d’autre part la petite bourgeoisie comprador essentiellement extérieure.
Maintenant ce qui est spécifique à lui ce qu’il y avait une différence entre José Nawej comme homme de conviction, et José journaliste qui fait son métier en étant au milieu du village. Il savait relayer les idées, les informations, quelles que soient les tendances politiques. Ses idées personnelles, il les mettait dans l’éditorial. Mais l’information, il la relayait de manière parfaite sans état d’âme sans discrimination.
La nation perd non seulement un journaliste, mais un grand homme, un homme généreux, patriote, qui aimait son pays, et qui savait partager avec toutes les tendances politiques. Adolphe Muzito