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Administration publique : Le nouvel horaire de travail fixé par le VPM JP Lihau traduit la volonté de changer la mentalité des fonctionnaires
Contre toute attente, il a fallu un homme courageux pour qu’un certain 13 Juillet 2024, une note circulaire soit prise par celui qui, depuis son intégration aux affaires de l’Etat, est considéré comme le réformateur de la fonction publique congolaise : le ministre Jean-Pierre Lihau Ebua. Il s’agit bien de la note circulaire n° 002/CAB.VPMIN/FP-MA-ISP/JPL/CKK/2024 à l’attention des Secrétaires généraux, Inspecteurs généraux et Directeurs généraux des services publics de l’Etat dont l’objet porte sur le réaménagement des horaires de service au sein de l’administration publique.
Une note circulaire se focalisant sur trois points essentiels à savoir : de la durée de services ; des retards et des absences et de la gestion des présences. Par cette dernière, l’on peut lire le bon vouloir du Vice premier ministre de la Fonction publique d’éradiquer les retards et lenteurs qui gangrènent l’appareil de l’Etat congolais.
Face à cette audace courageuse, l’on ne peut s’empêcher de s’interroger tout d’abord sur l’opportunité d’une telle décision et ensuite sur l’avenir de la fonction publique à l’issue de ces mesures qui viennent de lui être imposées.
L’on peut tout réfuter, mais la vérité est que les services publics de l’Etat congolais sont réputés inefficaces suite aux comportements du personnel y affecté (Agents publics et fonctionnaires), ce qui met en déliquescence l’Etat congolais tout en entier si et seulement si l’on accorde la raison au Doyen Léon Duguit qui argue : «L’Etat n’apparait alors que comme un ensemble de services publics».
LA NOTE CIRCULAIRE DU VPM DE LA FONCTION PUBLIQUE, EST-CE OPPORTUNE OU INOPPORTUNE ?
On en avait assez des services publics dont l’heure de début, indépendamment de tout horaire quelconque, était au gré des agents qui y sont affectés sans oublier la lenteur dans le traitement des dossiers. L’expression lingala «eza musala ya l’Etat» s’était érigé en principe sacro-saint pour justifier tous les abus dans la fonction publique et plus particulièrement les retards des agents. 10, 11, 12, 13, 14, 15 heures constituaient des heures de début de service pour les Agents selon leur vouloir et ils avaient tous en commun l’heure de la fin qui se fixait à 16h00’. Il y avait d’autres qui ne se rendaient au service qu’au jour et mois voulu par eux même.
Au regard de ce qui vient d’être illustré, il fallait des réformes courageuses et une rigueur sans complaisance aux fins de combattre ce fléau.
PORTEE ET LIMITES DU BON VOULOIR DU VPM A LA FONCTION PUBLIQUE JP LIHAU
Par voie de circulaire, qui n’est rien d’autre qu’une note d’organisation interne d’une Administration, le VPM a exprimé son bon vouloir de combattre les retards et absences sans justification au sein de la fonction publique.
Mais une préoccupation demeure, celle de savoir si les choses vont réellement changer. Et il faut donc dire que face à une habitude qui a élu domicile dans la mentalité des Agents publics congolais depuis bien de siècles, dans le processus de réforme, il faut une patience sans aucune idée de lâcher prise.
Par ailleurs, il importe d’arguer qu’une telle initiative devrait être le cheval de bataille de tous les ministères qui coordonnent les différents services publics placés sous leur tutelle.
Cependant, au regard des considérations de la science administrative qui est une réflexion scientifique sur l’Administration et permettant ainsi de connaître la réalité de l’Administration ou le fonctionnement réel de l’Administration, le VPM de la fonction publique pouvait également prendre compte de certaines réalités pour que sa décision ne s’inscrive pas dans l’ordre du juridisme à outrance. Car les difficultés de transport auxquelles la population congolaise et surtout celle de Kinshasa est soumise, les embouteillages qui décorent les grandes artères de grandes villes de la République sans oublier la période de pluie qui rend certaines routes impraticables, le manque de moyens de transport appropriés affectés à l’usage des Agents… constituent les raisons valables de certains retards et absences des agents publics au service.
Ceci démontre clairement que c’est un problème de grande envergure qui nécessite l’implication de tout le Gouvernement qui doit travailler en amont et en aval afin que les réformes soient réelles.
Eden BONDO/Stagiaire

