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ACCUEIL EN RDC DE MIGRANTS EXPULSES DES ÉTATS-UNIS, Kayikwamba attendue à l'Assemblée nationale pour s'expliquer
La ministre d'État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, est attendue incessamment à l'Assemblée nationale pour répondre à une question d'actualité portant sur l'accord annoncé entre Kinshasa et Washington relatif à l'accueil, sur le sol congolais, de ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis.
L'initiative de cette interpellation est le député national Emile Sumaili Miseka, élu de Shabunda (Sud-Kivu). Dans un climat sociopolitique déjà tendu, l'annonce gouvernementale a déclenché un tollé, alimenté par des critiques dénonçant une décision prise " sans mandat ni moyens ", perçue par certains comme une entorse à la souveraineté nationale et aux principes de l'État de droit.
En ligne de mire : l'absence de données chiffrées et de garanties sur la durée de séjour des migrants
Dès le lendemain du dépôt de sa démarche, l'élu du groupe parlementaire À/A-UNC a exprimé des préoccupations précises en raison notamment de l'absence de données chiffrées et de garanties claires sur la durée de séjour de ces migrants.
COMBIEN SONT-ILS ? COMBIEN DE TEMPS RESTERONT-ILS ?
" Combien sont-ils ? Combien de temps resteront-ils ? ", interroge-t-il, évoquant la lenteur des procédures d'asile aux États-Unis, parfois étalées sur plusieurs années. Pour lui, l'éloignement géographique pourrait accentuer ces délais et transformer un dispositif présenté comme temporaire en une présence prolongée, difficile à maîtriser.
Au-delà des chiffres, c'est la question du dispositif d'accueil qui cristallise les inquiétudes : lieux d'hébergement, modalités d'encadrement, insertion ou isolement des migrants. À cela s'ajoute une dimension sécuritaire sensible. Le député redoute notamment la présence éventuelle de ressortissants issus de pays en conflit ou en tension avec la RDC, soulevant le cas des pays voisins et des risques potentiels pour la stabilité nationale.
Face à la controverse, l'exécutif congolais tente de désamorcer les critiques. Dans son communiqué du 5 avril, il insiste sur le caractère strictement temporaire du dispositif et sur le respect de la souveraineté nationale dans la gestion des flux migratoires.
Kinshasa assure que la prise en charge logistique et technique sera entièrement financée par le gouvernement américain, excluant toute incidence sur le Trésor public. Les migrants concernés seraient accueillis dans des sites dédiés à Kinshasa, sous encadrement administratif, sécuritaire et humanitaire. Le gouvernement souligne également qu'aucune installation durable n'est envisagée et que chaque cas fera l'objet d'un examen individuel conforme aux lois nationales.
UN TEST POUR LE CONTROLE PARLEMENTAIRE
Au-delà du fond, cette séquence met en lumière le rôle du Parlement dans l'équilibre institutionnel. La question d'actualité, prévue par l'article 131 de la Constitution ainsi que par les articles 179 et 191 du règlement intérieur de l'Assemblée nationale, constitue un levier de contrôle immédiat de l'action gouvernementale. Par nature prioritaire, elle impose une réponse rapide de l'exécutif sur des dossiers jugés sensibles.
Actuellement en déplacement à Rio de Janeiro pour participer à la 9? réunion ministérielle de la Zone de paix et de coopération de l'Atlantique Sud (ZOPACAS), prévue du 9 au 10 avril, la cheffe de la diplomatie congolaise devra, à son retour, s'expliquer devant la représentation nationale.
Entre impératifs diplomatiques, engagements internationaux et pressions internes, ce dossier s'impose déjà comme un test politique majeur pour le gouvernement. Dans un pays confronté à des défis sécuritaires persistants et à une opinion publique vigilante, la transparence et la pédagogie s'annoncent décisives pour éviter que cette initiative ne se transforme en crise de confiance. J.A