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16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre : L’ONU s’en va-en-guerre contre le féminicide
Bruno Lemarquis, Coordonnateur résident du Système des Nations- Unies en République démocratique du Congo (RDC) a, dans son allocution prononcée à l’occasion du lancement de 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, indiqué que cette année son institution tient à réveiller l’attention de tous et toutes sur un fléau alarmant. Il s’agit du féminicide.
Ce terme, a-t-il précisé, désigne les meurtres liés au genre. » C’est un problème universel et la manifestation la plus brutale, visible et extrême de la violence que subissent les femmes et les filles, commis la plupart du temps au sein de la sphère familiale. Il est souvent précédé de violences à la maison sous la forme de violences verbales, physiques, de contrôle et d’isolement ainsi que d’agressions graves ciblant les femmes et les filles « . À ce sujet, il a affirmé qu’aucun pays n’est épargné et la RDC non plus.
En outre, il a stigmatisé le fait que, selon les statistiques de 2023, toutes les 10 minutes dans le monde, une femme est intentionnellement tuée par son partenaire ou par un membre de sa famille. Il trouve une telle réalité d’inacceptable.
S’agissant de la RDC, depuis plusieurs décennies, a-t-il déclaré d’un ton amer, « de terribles violences sexuelles sont utilisées comme arme de guerre, principalement dans l’Est du pays en lien avec les conflits et où les corps des femmes et des filles sont utilisés comme champ de bataille ». Et le diplomate onusien de renchérir : » ceci a un profond impact sur les individus et sur les communautés. Les chiffres donnent le vertige et les témoignages sont glaçants et nous ne devons pas nous y habituer« , avant de marteler : « La pratique du silence face aux actes de violence contre les femmes et les filles doit être combattue ».
Toutefois, il a reconnu que beaucoup d’efforts sont faits en RDC pour lutter contre ce fléau, mais tellement reste à faire en termes de prévention, d’éducation de réponse multisectorielle, d’appui aux victimes et de lutte contre l’impunité.
Voilà pourquoi, face à ce drame, les Nations-Unies ont mis en place » l’Initiative Tous » pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes d’ici à 2030. Nous sommes donc toutes et tous invités à unir nos forces pour mettre fin à ces violences à l’égard des femmes et des filles et dans tous les domaines de la société, aussi bien dans la cellule familiale qu’au travail ou en milieu public, a recommandé Bruno Lemarquis.
Selon lui, les 16 jours d’activisme entamés hier lundi 25 novembre et qui vont se poursuivre jusqu’au 10 décembre 2024, constituent une occasion de renouveler leurs engagements et de demander aux décideurs de rendre des comptes et d’agir.
Pour le Coordonnateur résident du Système des Nations-Unies en RDC, « l’ONU est décidée à ne donner aucune excuse à la violence contre les femmes car elle reste convaincue que cette violence peut et doit être empêchée« .
Il a conclu en déclarant que tout le monde a un rôle à jouer pour mettre fin à ces abus. Nous devons tous ensemble reconnaître, prévenir et sanctionner le féminicide. « Ensemble, brisons le silence et arrêtons le cycle des violences contre les femmes et les filles », a -t-il martelé.
Muke MUKE & Mathy MUSAU