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Hôtel de ville de Kinshasa : après les démolitions, prévoir l'assainissement
Depuis quelques mois, l'exécutif provincial de Kinshasa s'est engagé dans une vaste opération de démolition des constructions anarchiques. L'action est applaudie de deux mains par la population jalouse de sa capitale. Cependant, il se pose un couac dans cette action de l'Hôtel de ville. Il s'agit de l'après démolition.
Une fois les constructions démolies, des montagnes de gravats jonchent les espaces dégagés et le résultat escompté n'est pas atteint à 100%. Et comme les inciviques savent toujours profiter de la moindre opportunité pour poser des actes qui vont à l'encontre de la loi, les petits vendeurs pirates envahissent ces espaces pour étaler à terre leurs effets. Ce constat est fait pratiquement partout où les chantiers sont ouverts et où les constructions anarchiques sont détruites.
C'est le cas, par exemple, du rond-point Ngaba. Du grand carrefour jusqu'à l'entrée du quartier Righini, les espaces restés libres après les démolitions sont aujourd'hui devenus des lieux de vente, contrairement au mot d'ordre du gouverneur, selon lequel " bala bala eza zando te " entendez " la rue n'est pas le marché ".
Pour ne pas permettre aux inciviques de se comporter comme ils le font, il faudrait que l'autorité urbaine évacue immédiatement les décombres dus aux démolitions afin que les espaces vides créés restent effectivement dégagés et propices à la circulation.
S'agissant encore du rond-point Ngaba, la fluidité de la circulation provoquée par les démolitions doit avoir réduit l'activité des voleurs qui profitaient des téléscopages entre les passagers pour exécuter leur sale besogne. Sans doute sont-ils en train de maudire ceux qui ont pris cette mesure et leurs exécutants. Tout en mijotant un pan B !.
Par ailleurs, il importe que le gouvernorat de la ville de Kinshasa trouve un compromis avec les entreprises qui exécutent les travaux dans différents chantiers sur la manière dont elles doivent travailler, surtout concernant les caniveaux. Car, il est constaté que pratiquement toutes ces entreprises laissent les caniveaux ouverts, laissant ainsi libre cours aux passants d'y jeter toutes sortes des déchets. À la longue, ces caniveaux vont se remplir d'ordures, et à la tombée des pluies, ce sont des inondations qui s'en suivent débordement des eaux. Il faut agir en amont pour épargner la ville de certaines catastrophes.
Kinshasa est devenue ces jours-ci semblable à un vaste chantier où des travaux s'exécutent à gauche, à droite. Le souhait des Kinois est qu'à la fin de tous ces travaux Kinshasa retrouve sa belle robe. Il serait regrettable que tous les fonds engloutis dans ces chantiers ne produisent pas d'effets à cause de manque d'assainissement. Et il faut que chacun à son niveau s'impose une discipline de fer sans le forcing de l'autorité, et éviter d'être l'auteur du délabrement de notre environnement.
Muke MUKE