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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Extension de Kinshasa : Tshisekedi engage la capitale sur la voie d'une urbanisation planifiée
* Le temps de l'improvisation est révolu…
Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a procédé hier lundi 22 décembre au lancement officiel du projet de la Nouvelle ville de Kinshasa, dans la commune de Maluku, marquant une rupture assumée avec des décennies d'urbanisation non maîtrisée dans la capitale congolaise.
Cette initiative s'inscrit dans le prolongement du Plan directeur d'industrialisation adopté par le Gouvernement en juillet 2021. Longtemps accueillie avec scepticisme, cette vision commence aujourd'hui à prendre corps, portée par l'essor de la Zone économique spéciale (ZES) de Maluku et le développement annoncé de la zone Kin Malebo, appelée à devenir l'un des principaux pôles industriels du pays.
Au cœur de la Nouvelle ville de Kinshasa, le projet prévoit l'implantation de huit parcs industriels spécialisés, couvrant des secteurs stratégiques et à forte valeur ajoutée. Sont notamment annoncés des pôles dédiés à la haute technologie et à l'électronique, à l'économie circulaire axée sur le recyclage et la transformation des déchets, aux industries de transformation du bois, du textile et des matériaux de construction, ainsi qu'aux filières pharmaceutiques et d'assemblage industriel.
À travers cette diversification, les autorités entendent réduire la dépendance structurelle de la RDC aux importations et amorcer une transformation durable de l'économie nationale.
UNE VILLE POUR 1200 UNITES INDUSTRIELLES EN CINQ ANS
Les ambitions affichées pour la période 2025-2030 sont à la mesure du projet. Le gouvernement vise l'installation de 1 200 unités industrielles en cinq ans et la création de 225 000 emplois, dont près de 30 000 dès la première année, avec un accent particulier sur l'insertion de la jeunesse qualifiée.
Le programme prévoit également l'aménagement de 75 000 hectares, incluant près de 2 000 hectares destinés aux services publics essentiels : administrations, écoles, hôpitaux, logements et infrastructures hôtelières afin de soutenir une croissance urbaine cohérente et fonctionnelle.
Avec une population estimée à plus de 16 millions d'habitants et un taux de croissance démographique avoisinant les 5,1 % par an, Kinshasa fait face à une pression urbaine sans précédent. Pour le Chef de l'État, l'heure n'est plus aux réponses ponctuelles. " Le temps de l'improvisation est révolu ", a-t-il martelé, plaidant pour une urbanisation planifiée, capable d'anticiper les besoins futurs de la métropole.
Quelques jours plus tôt, lors d'une cérémonie à la Cité de l'Union africaine où il recevait un trophée de " Grand Bâtisseur ", Félix Tshisekedi avait rappelé que la reconstruction nationale allait de pair avec la consolidation de la paix, notamment dans l'Est du pays. Selon lui, le choix de la stabilité et du développement ouvre des perspectives nouvelles pour l'ensemble de la nation.
Avec le lancement de la Nouvelle ville de Kinshasa, le pouvoir exécutif pose les jalons d'un nouveau modèle urbain et industriel. Un chantier structurant, dont la mise en œuvre effective et l'impact sur le quotidien des Congolais seront, à n'en pas douter, scrutés de près dans les années à venir.
Jérémie ASOKO