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Est de la RDC : une force de trop
Encore une force régionale dans l’Est de la RDC. Une de plus. Plus exactement une de trop. Pour faire quoi ? « Stabiliser la zone et imposer la paix en appui aux forces de sécurité« . Comme CQFD (Ce qu’il fallait démontrer), c’est renversant, troublant et désolant.
Quid de la force onusienne qui a élu domicile en RDC depuis plus de vingt ans? Elle sert à quoi avec un budget à faire pâlir d’envie nombre d’Etats aux déficits aussi chroniques qu’abyssaux ? Ce n’est pas tout. Et par où est passé la brigade d’intervention de la MONUSCO, composée de troupes d’élite tanzaniennes et sud-africaines ?
Faudrait-il combien de forces d’intervention pour mettre fin au bellicisme du Rwanda via des rébellions de témoignage ? Qu’est ce qui garantit que la « Force régionale de l’Afrique de l’Est » fera mieux que ses devancières officiellement encore sur la brèche ? Poser la question ? C’est y répondre.
Aux yeux des Congolais qui jugent au résultat, il y a overdose en matière de forces étrangères. Comme trop d’impôts tue l’impôt, trop de forces tue la force.
Plus fondamentalement, la énième force extra-congolaise à déployer dans l’Est du pays est tout sauf un motif de fierté encore moins de dignité pour les plus de 100 millions de rd congolais. A 62 ans d’âge, demeurer sous les fourches caudines de l’étranger signifie que l’on vieillit sans grandir.
Tout se passe comme si les sponsors de la « communauté internationale » et certains « pays relais » de l’écosystème africain multiplient de stratagèmes pour entretenir ad vitam aeternam le statu quo qui installe la RDC une position d’éternelle assistée , de simple variable d’ajustement et même de far west dans sa partie orientale.
Se demander à qui profite ce statu quo équivaudrait à comprendre la propension collective à « infantiliser« … , par la force, la RDC. Avec le risque de ne pas voir pour bientôt le passage de « l’Etat-bébé » à « l’Etat adulte » théorisé par le sociologue Emile Bongeli dans un de ses ouvrages.
Pourtant géopolitiquement parlant, tous les éléments plaident pour un Congo-locomotive de l’Afrique centrale et orientale. Il est donc plus que temps que les responsables politiques, religieux, des majors de la société civile … traduisent en termes concrets la saine et sainte colère de la rue contre l’agression en transcendant les querelles byzantines pour créer un front commun.
L’unique voie royale pour sortir du cycle infernal « agression-intervention étrangère-agression-force étrangère » jusqu’à l’émasculation complète du pays est de créer les conditions d’un consensus national.
Un compromis historique à la congolaise ne serait plus une option, un impératif existentiel. José NAWEJ