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Epidémie d'Ebola: l’EAC redoute une propagation régionale
La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) a lancé, hier lundi 18 mai, un appel pressant à ses États membres pour renforcer immédiatement leurs dispositifs de riposte après la résurgence de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo et l’apparition de cas confirmés en Ouganda voisin. Face au risque d’une propagation transfrontalière rapide, l’organisation régionale exige une mobilisation sanitaire coordonnée dans toute la sous-région.
Dans un communiqué publié depuis son siège d’Arusha, en Tanzanie, l’EAC a demandé aux pays membres «d’intensifier la surveillance, renforcer la préparation d’urgence et la coordination transfrontalière» afin de contenir cette nouvelle flambée du virus Ebola du variant Bundibugyo, une souche très contagieuse à la létalité élevée et particulièrement dangereuse en raison de l’absence actuelle de vaccin ou de traitement spécifiquement homologué.
L’épidémie, officiellement déclarée le 15 mai par les autorités sanitaires congolaises, touche principalement la province de l’Ituri, dans le nord-est de la RDC, une région stratégique située à proximité immédiate des frontières avec l’Ouganda et le Soudan du Sud. Les zones de Mongwalu et Rwampara figurent parmi les principaux foyers recensés, tandis que des cas suspects ont également été signalés à Bunia, chef-lieu de la province et important centre de transit régional.
ENVIRON 246 CAS SUSPECTS ET 65 DÉCÈS ENREGISTRÉS AU 15 MAI
Selon des chiffres relayés par l’organisation régionale, environ 246 cas suspects et 65 décès avaient déjà été enregistrés au 15 mai. Sur les 20 échantillons analysés, 13 se sont révélés positifs au virus Ebola, dont quatre décès confirmés.
L’Ouganda, frontalier direct de la zone affectée, a déjà confirmé deux cas liés à des voyageurs en provenance de RDC. L’un des patients est décédé à Kampala, la capitale ougandaise, ravivant les craintes d’une dissémination rapide du virus à travers les corridors commerciaux et migratoires de la région.
«Compte tenu du niveau élevé de circulation des personnes et des marchandises dans notre région, une préparation coordonnée et un partage rapide des informations sont essentiels pour prévenir une transmission transfrontalière», a averti Andrea Aguer Ariik Malueth, vice-secrétaire général de l’EAC chargé des infrastructures et des secteurs sociaux et politiques.
Face à cette menace sanitaire, l’organisation régionale appelle les États membres à activer sans délai leurs plans nationaux et transfrontaliers de préparation, à renforcer le dépistage sanitaire aux postes frontaliers et à équiper davantage les équipes médicales et les unités de réponse rapide.
L’EAC a également annoncé l’activation de son réseau régional mobile de laboratoires afin de soutenir les opérations de surveillance et de diagnostic le long de la frontière congolaise, considérée comme l’un des points névralgiques de la riposte.
AUCUN VACCIN APPROUVÉ CE VARIANT BUNDIBUGYO
Cette nouvelle flambée constitue la 17ème épidémie d’Ebola enregistrée en République démocratique du Congo depuis la découverte du virus en 1976 près de la rivière Ebola, dans l’actuelle province de l’Équateur. Mais cette fois, les inquiétudes sont renforcées par la nature même de la souche Bundibugyo, beaucoup moins fréquente que la souche Zaïre et pour laquelle aucun vaccin ni traitement approuvé n’est actuellement disponible.
Au-delà du défi sanitaire, cette résurgence remet brutalement en lumière la fragilité des systèmes de santé dans la région des Grands Lacs, où les conflits armés, les déplacements massifs de populations et la porosité des frontières compliquent considérablement les efforts de surveillance et de riposte.
Dans un contexte de forte mobilité humaine et commerciale entre la RDC et ses voisins, les autorités sanitaires régionales redoutent désormais une amplification de la crise si des mesures rigoureuses ne sont pas appliquées rapidement. La bataille contre Ebola se joue désormais autant dans les centres de santé que dans la capacité des États à coordonner efficacement leurs réponses face à une menace qui dépasse les frontières nationales.
Jérémie ASOKO