Dernière minute
Société
Plus de 10 millions de morts. Tel est le bilan macabre établi par le système des Nations unies pour la guerre qui sévit dans l’Est de la République Démocratique du Congo depuis environ trois décennies. Un bilan en constante augmentation, d’autant que, chaque jour, au moins une âme tombe sur le…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, la problématique du mariage précoce chez les jeunes filles demeure une préoccupation majeure pour les acteurs des…
Étranger
Rabat - Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, accompagné de Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan, a présidé, samedi au Palais Royal à Rabat, un Conseil des ministres…
Nation
Écoles doctorales dès la rentrée 2026-2027, autofinancement des universités, réduction de 50 % des frais pour les étudiants vulnérables : la ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire,…
Ebola en RDC : le variant Bundibugyo progresse en Ituri, plus de 540 cas suspects sous surveillance
La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle poussée inquiétante d’Ebola. Lors d’un briefing presse coanimé hier mardi 19 mai à Kinshasa avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale, Jean-Jacques Muyembe, a confirmé que la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC est liée à une variante de la souche Bundibugyo circulant actuellement dans les zones de Bunia, Mongbwalu et Rwampara, en province de l’Ituri.
Autour du thème « 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC : état de la situation et mesures de riposte », les autorités sanitaires ont dressé un tableau préoccupant de l’évolution de la maladie, tout en appelant au renforcement de la vigilance communautaire.
Les données consolidées présentées par les experts de l’INRB font état d’environ 32 cas confirmés après analyses en laboratoire. À cela s’ajoutent plus de 540 cas suspects ou probables actuellement suivis dans les zones affectées, où les équipes de surveillance poursuivent les opérations de traçage des contacts.
UN BILAN PROVISOIRE DE PRÈS DE 136 DÉCÈS
Le bilan provisoire mentionne également près de 136 décès considérés comme probables et environ 69 patients pris en charge dans des centres spécialisés. Les autorités sanitaires précisent toutefois que ces chiffres restent évolutifs en raison des investigations en cours et des nouvelles alertes enregistrées sur le terrain.
Au cours de cette présentation, les experts ont également retracé l’historique des flambées d’Ebola en RDC depuis 1976. Selon cette cartographie épidémiologique, le pays a déjà connu treize épidémies liées à la souche Zaïre et trois attribuées au variant Bundibugyo, y compris celle actuellement en cours.
Sur le plan scientifique, le professeur Jean-Jacques Muyembe a indiqué que le virus responsable de cette flambée a été séquencé en un temps record par les chercheurs congolais. Les analyses révèlent qu’il s’agit bien d’un variant de la souche Bundibugyo, présentant néanmoins des différences génétiques avec les souches détectées lors des précédentes épidémies en Ouganda en 2007 et à Isiro en 2012.
Les scientifiques privilégient désormais l’hypothèse d’une transmission d’origine animale, traduisant une nouvelle introduction du virus dans la population humaine. Les experts insistent cependant sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un nouveau virus, mais d’une variation d’une souche déjà connue.
Contrairement à la souche Zaïre, pour laquelle des vaccins et traitements existent déjà, aucune solution thérapeutique homologuée n’est actuellement disponible contre le variant Bundibugyo. Cette réalité oblige les autorités sanitaires à concentrer leur stratégie sur la prévention, la surveillance communautaire et la prise en charge rapide des cas suspects.
Dans ce contexte, le Africa CDC a annoncé une contribution financière d’un million de dollars américains pour soutenir la riposte en RDC. Cet appui doit notamment permettre de renforcer le déploiement des équipes sanitaires sur le terrain et d’améliorer la coordination opérationnelle dans les zones touchées.
Face à une épidémie jugée encore active, les autorités congolaises assurent maintenir une surveillance renforcée afin de contenir rapidement la propagation du virus dans cette partie orientale du pays.
Jérémie ASOKO