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Des policiers ayant filmé les femmes non vêtues à Ngaliema aux arrêts
Des policiers ayant filmé les femmes actrices à une partouze organisée dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 avril au quartier Gramalic à Ngaliema sont aux arrêts depuis hier jeudi 13 avril. Ils ont été transférés au Parquet de Grande Instance de Kinshasa/Gombe pour compétence.
D’après le Général-major Sylvano Kasongo, « les recherches sont intensifiées pour mettre la main sur tous les policiers enquêteurs impliqués dans ce dossier ». Un avis de recherche dûment signé par le numéro un de la PNC/Kinshasa a été émis pour que tous ces policiers soient déférés devant les instances judiciaires.
LES POLICIERS INCRIMINÉS
Selon le Commissariat provincial de la Police Ville de Kinshasa, il s’agit de l’OPJ instructeur, en la personne du Commissaire supérieur Nzama Kayulba Victor et l’Officier de permanence commis en date de l’incident, le Commissaire principal Bisimwa Mulashi Delphin ainsi que le signataire de l’avis de recherche, en la personne du Commissaire supérieur Mondjia Matsingi Faustin. Tous du Groupe de lutte contre la criminalité et stupéfiants.
Ces éléments de la PNC ont participé à l’interpellation de certains marginaux ayant excellé dans le proxénétisme dans un bordel situé au quartier Gramalic, dans la commune de Ngaliema.
Depuis le lundi 10 avril, circulent sur les réseaux sociaux des images obscènes et des audios y afférents. On y voit des jeunes dames à moitié nues pour certaines et complètement nues pour d’autres et forcées de se déshabiller par la police. Celles qui ont résisté sont passées à tabac.
Ce qui a révolté internautes, c’est l’attitude des policiers commis à cette opération : ils se sont mis à filmer les parties intimes de ces femmes et ont ensuite balancé les vidéos sur les réseaux sociaux. Voilà qui a suscité de vives réactions dans le chef des Congolais en général et des Kinois en particulier.
UN MORT PARMI LES INTERPELLÉS
Au cours de cette interpellation, précise un communiqué du Commissariat provincial de la PNC/Kinshasa, « certaines bévues policières ont été observées dans la mesure où l’un des interpellés a piqué une crise en cours de route pendant qu’ils étaient acheminés à l’état-major du Commissariat provincial de la Police ville de Kinshasa ».
Et la source de préciser que c’est dans la commune de la Gombe que le décès de l’infortuné a été constaté par l’infirmier de garde et le préposé de la Police scientifique. Il s’agit de M. Gaby Bembi, chauffeur à la Monusco.
DES DOUTES SUR LES RAISONS DU DÉCÈS
Mais dans l’opinion, la version retenue jusqu’à ce jour de la mort de Gaby Bembi telles que avancées par la Police ne convainc pas. Des voix s’élèvent parmi les proches de la victime pour exiger des enquêtes approfondies et si possible une autopsie afin de comprendre le contexte dans lequel celui qu’on cite comme l’organisateur principal de cette partouze a trouvé la mort.
Des langues ne cessent de se délier parmi même certains témoins de la scène. En effet, plusieurs d’entre eux contestent la version avancée par la police selon laquelle Gaby Bembi aurait sauté du troisième niveau du bâtiment pour échapper aux agents de l’ordre.
Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux affirme la thèse selon laquelle toutes les personnes ayant été surprises en pleine partouze ont été toutes les unes sur les autres par des menottes de la police. Des observateurs avertis estiment qu’il serait impossible, dans ces conditions, que Gaby Bembi ait pu fuir.
S’agit-il d’un accident ou d’un assassinat crapuleux ? Les rumeurs vont dans tous les sens. Néanmoins, les images telles que balancées sur les réseaux sociaux montrent que le corps de la victime a été déplacé plus d’une fois. Voilà pourquoi tantôt il se retrouve dans la cabine de sa jeep, tantôt étalé à même le sol.
LE GOUVERNEMENT CONDAMNE LES ACTES POSES PAR LA POLICE
La réaction du Gouvernement sur cette affaire ne s’est pas fait attendre. Par le ministre des Droits humains, l’Exécutif national dénonce « les actes posés par les agents de l’ordre sensés protéger les citoyens et leurs biens« . Allusion faite à l’intervention musclée de la police à Ngaliema où s’est passée cette soirée de partouze.
Dans un communiqué de presse, le ministre Fabrice Puela dénonce également la violation des droits de l’homme.
« (…) Ces éléments de la Police nationale congolaise ont commis une grave violation des droits humains en publiant des images montrant la nudité des femmes présumées commanditaires de la mort de Monsieur Gaby Bembi« , a écrit le ministère des Droits humains.
Par cette occasion, Fabrice Puela sollicite une enquête immédiate des services habilités « afin que toute personne impliquée soit traduite en justice« .
« Nous rappelons en outre à l’opinion tant nationale qu’internationale, que la vie humaine est sacrée et que le respect des droits humains reste un élément essentiel dans un Etat de droit », a ajouté le ministre Puela. Rachidi MABANDU