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Depuis sa cellule, Constant Mutamba : ‘«Une Constitution pour le peuple… ou une trahison de la République»’
Il y a des silences qui arrangent le pouvoir. Et des paroles qui le dérangent. Depuis l’étroitesse de sa cellule, Constant Mutamba choisit de rompre le silence. Dans une lettre d’un ton à la fois grave, tranchant et résolument politique, l’ancien ministre de la Justice s’invite dans le débat explosif sur la révision constitutionnelle non pas en observateur, mais en lanceur d’alerte.
Car derrière les discours policés et les formules institutionnelles, Constant Mutamba décèle une question presque dérangeante : «A qui doit servir la réforme constitutionnelle ?» A la nation ou à ceux qui la dirigent? Au peuple ou à ses représentants ?
Dès les premières lignes, le ton claque. Pas de langue de bois. Pas de prudence feinte. «Toute nation vivante doit pouvoir réfléchir sur ses textes fondamentaux», concède-t-il. Mais l’apparente ouverture n’est qu’un prélude. Très vite, l’ancien Garde des Sceaux resserre l’étau et pose une ligne rouge : une Constitution ne se manipule pas au gré des intérêts politiques du moment.
Dans une formule qui résonne comme un verdict, il tranche sans détour : «Si elle sert le peuple, elle mérite d’être examinée. Mais si elle sert des intérêts partisans, elle mérite d’être rejetée». Une phrase simple, mais lourde d’accusations implicites. Car dans le climat politique actuel, elle sonne comme une mise en garde directe adressée au sommet de l’État, incarné par Félix Tshisekedi.
MUTAMBA DENONCE LE BLOCAGE STÉRILE ET L’ADHÉSION AVEUGLE
M. Mutamba refuse de se laisser enfermer dans les caricatures habituelles. Ni opposant systématique, ni soutien docile, il revendique une position plus inconfortable : celle de la vigilance républicaine. Il dénonce à la fois le blocage stérile et l’adhésion aveugle, deux poisons qui, selon lui, asphyxient la démocratie congolaise.
Mais derrière l’équilibre apparent, le message est clair : toute réforme constitutionnelle mal intentionnée serait une trahison politique. Pire, une fracture durable dans la confiance entre gouvernants et gouvernés.
«Un débat ouvert, oui mais sans manipulation. Inclusif, certes mais sans agenda caché...»
L’ancien ministre ne se contente pas de principes. Il fixe des exigences. Un débat ouvert, oui mais sans manipulation. Inclusif, certes mais sans agenda caché. Apaisé, sans doute mais surtout honnête. Car ce qu’il redoute, en filigrane, c’est une réforme façonnée dans l’ombre, calibrée pour consolider des positions de pouvoir plutôt que pour renforcer l’État de droit.
DÉCALAGE ENTRE PRIORITÉS DU POUVOIR ET CELLES DU PEUPLE
Et pendant que Kinshasa débat de textes, Constant Mutamba rappelle une vérité qui dérange : le pays brûle ailleurs. Insécurité persistante, justice inégalitaire, précarité sociale, voilà, selon lui, les véritables urgences. «C’est là que la République est attendue», insiste-t-il, comme pour dénoncer un décalage criant entre les priorités du pouvoir et celles du peuple.
Son message à la jeunesse est, lui aussi, chargé d’électricité, de prise de conscience. Il appelle à une vigilance active, à une conscience politique éveillée. Refusant à la fois la manipulation et le fatalisme, il exhorte les jeunes à reprendre leur place dans le débat national. Car, prévient-il, l’avenir du pays ne se négociera ni sans eux, ni à leur insu.
Enfin, aux institutions, le prisonnier Mutamba adresse une interpellation sans fard : sortir des calculs, revenir au sens. Faire de cette séquence, non pas une manœuvre, mais un moment de vérité. Une épreuve de maturité politique.
Depuis sa cellule, la voix de Constant Mutamba n’est pas aphone. Elle accuse, elle questionne, elle dérange. Et surtout, elle met chacun des acteurs politiques face à ses responsabilités : réformer pour servir le peuple ou réécrire la Constitution pour mieux le contourner (peuple).
Jérémie ASOKO