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Crise dans l'Est de la RDC : L'Allemagne réaffirme son soutien à la paix
La ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie, Thérèse Kayikwamba Wagner, a reçu en audience l'ambassadeur d'Allemagne en République démocratique du Congo, Ingo Herbert. Cette rencontre a permis d'aborder des sujets cruciaux, notamment la crise sécuritaire et humanitaire persistante dans l'Est du pays, exacerbée par l'agression du Rwanda et des éléments du M23.
À l'issue de cet entretien, le diplomate allemand a souligné l'engagement de son pays, qui assure actuellement la présidence d'un groupe international de contact, en faveur d'une solution durable à cette crise. "Nous avons échangé sur les développements actuels concernant les efforts de la SADC, de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE) et de l'Union africaine pour rétablir la paix et la stabilité dans l'Est du Congo. Nous avons également discuté de la manière dont la communauté internationale pourrait renforcer ces initiatives", a déclaré Ingo Herbert.
Maintien de la pression diplomatique sur Kigali
Lors de cette rencontre, la cheffe de la diplomatie congolaise et l'ambassadeur allemand ont convenu de l'importance de maintenir la pression sur le Rwanda afin d'encourager les initiatives diplomatiques en cours. Selon Ingo Herbert, l'Allemagne, aux côtés d'autres pays de l'Union européenne, du Royaume-Uni, du Canada et des États-Unis, a déjà adopté des mesures visant à contraindre Kigali à respecter le droit international. "L'agression à l'Est de la RDC constitue une violation flagrante de la Charte des Nations unies, et la communauté internationale doit rester vigilante sur cette question", a-t-il affirmé.
Sur le plan continental, des initiatives diplomatiques sont en cours pour ramener la paix dans la région. Le récent sommet conjoint des chefs d'État et de gouvernement de la SADC et de la CAE a validé le rapport de la réunion ministérielle conjointe tenue le 17 mars dernier à Harare, au Zimbabwe. Cette feuille de route prévoit des mesures à court, moyen et long termes pour résoudre durablement le conflit opposant l'armée congolaise aux rebelles du M23.
Par ailleurs, le processus de médiation a été renforcé par la désignation de nouveaux facilitateurs. Lors du sommet virtuel du 24 mars, les chefs d'État de la SADC et de la CAE ont décidé d'élargir le nombre de médiateurs de trois à cinq membres. Désormais, cette équipe comprend Uhuru Kenyatta (Kenya), Sahle-Work Zewde (Éthiopie), Catherine Samba-Panza (République centrafricaine), Olusegun Obasanjo (Nigeria) et Kgalema Motlanthe (Afrique du Sud). Ce remaniement répond en partie aux demandes de Kinshasa, qui plaidait pour une représentation plus inclusive, notamment par l'intégration de femmes dans ce processus.
Une médiation sous supervision régionale
Les facilitateurs, désignés dans le cadre de la fusion des processus de Luanda et de Nairobi, auront pour mission de coordonner les efforts diplomatiques et sécuritaires en vue d'un cessez-le-feu durable. Cette initiative s'inscrit dans la continuité des résolutions adoptées lors du sommet conjoint du 8 février à Dar es Salaam, en Tanzanie.
Alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante, la RDC et ses partenaires internationaux poursuivent leurs efforts pour mettre un terme à l'instabilité qui fragilise l'Est du pays. L'engagement renouvelé de l'Allemagne et de la communauté internationale constitue un signal fort en faveur d'une paix durable dans la région.
Jérémie ASOKO