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Conférence de presse conjointe ou passe d’armes entre deux chefs d’Etat en mondovision ?
Que retenir d’une conférence de presse où le thème voulu central par les Congolais, à savoir » l’agression du pays par le Rwanda « , a été enrichi ou parasité- c’est selon – par moult séquences pas très diplomatiquement habituelles. Ceux qui s’intéressent à la politique française ou ceux que la politique hexagonale intéresse sont coutumiers de punchlines macroniens sur fond d’un ton débridé. Décomplexé d’après les laudateurs du Président ; condescendant aux yeux de ses détracteurs. La vérité est sans doute entre les deux.
Au Palais de la nation, ce saint des saints du pouvoir rd congolais, Emmanuel Macron est resté égal à lui-même. Si le » boxeur Macron » a encaissé des coups sur le front de l’agression rwandaise face à laquelle opinion et officiels congolais reprochent à Paris d’être abonné au service minimum, le numéro 1 français a eu cette réplique en forme d’uppercut : » depuis 1994, vous n’avez pas été capable de restaurer votre souveraineté ni militaire, ni sécuritaire ni administrative. C’est une réalité. Il ne faut donc pas chercher des coupables en dehors de cette affaire« . Les amateurs de la parabole christique de la paille et de la poutre apprécieront. Les ayatollahs congolais de » l’enfer c’est les autres » aussi.
Avec ce brin de vérité synonyme d’exhortation à la nécessaire auto-prise en charge : « Bâtissez une armée solide. Soyez intraitables avec tous les voisins quand ils viennent vous piller « . Une énième piqûre de rappel à ceux des Congolais qui, par extraversion maladive, voyaient en Macron un messie: « Ce n’est pas la France qui apportera la solution« .
Le même Macron, sans se présenter en donneur de leçon, en a quand même administré une- prétérition quand tu nous tiens- sur la presse, la justice et une …CENI indépendantes à l’occasion d’un échange un tantinet aigre-doux avec son homologue congolais. Avec cette litote pour clore le « commentaire sur le commentaire de la formule à l’origine de la passe d’armes dans la passe d’armes », à savoir « le compromis à l’africaine » : « Je connais le contexte des élections de 2018″. Un jeu de ping-pong non à huis-clos, mais en mondovision ! Si cette séquence publique » d’accord ou pas d’accord » ne constitue pas un pied de nez aux codes diplomatiques et même protocolaires -de l’ancien monde ?, elle y ressemble fortement.
Une atteinte à la doxa diplomatique amortie tout de même par le contexte rd congolais où les vieux démons de la » pensée unique », de la justice à la tête…politique du client persistent sous d’autres formes. De ce point de vue, le psychologue et psychothérapeute américain Ernest Becker aurait parlé d’un mal pour un bien.
Et l’agression » injuste et barbare « -la formule juste Fatshi béton- dans tout cela? Là, la diplomatie mieux la realpolitik reprend ses droits. Pas de condamnation formelle du Rwanda. Au risque pour Paris de se mettre à dos un autre allié : Kigali. Le poids moral du génocide de 1994, la coopération sécuritaire avec un régime autoritaire…éclairé notamment au Mozambique font que si la France répète en français qu’il est aux côtés de la RDC ; elle s’interdit de dire en anglais que l’agresseur du Congo-Kinshasa est comme « l’agresseur » de l’Ukraine. Si, d’après Blaise Pascal, le cœur a ses raisons que la raison ne connait point « , les relations entre Etats obéissent à une seule raison archi connue : l’intérêt.
Alors, comme tout le monde Paris s’en remet à la déjà sempiternelle politique d’ultimatums. Avec une nouvelle date-couperet : le mardi 7 Mars. La partie -y compris le Rwanda- qui ne respectera pas ses engagements verra ce qu’elle verra. Les Congolais, en commençant par le premier d’entre eux, sont incrédules comme saint Thomas. Rassasiés- jusqu’à l’overdose- d’effets d’annonces sur le retrait des forces rwandaises et de leurs supplétifs congolais. José NAWEJ