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Claudel Lubaya: " Aucune disposition de la Constitution ne permet de violer sa lettre au nom d'une prétendue volonté populaire"
L' opposant Claude Lubaya a réagi vigoureusement aux propos tenus par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi sur l'éventualité de la modification ou de la révision de la Constitution. Selon lui, aucune disposition ne permet une violation de la Loi fondamentale sous prétexte d'une volonté populaire.
"Aucune disposition de la Constitution ne prévoit qu’une prétendue volonté populaire puisse justifier une violation de sa lettre et de son esprit", a protesté Claudel Lubaya.
Il a martelé sur le fait que la Constitution prévoit déjà des mécanismes précis de révision, encadrés par l’article 218, mais qu’elle ne permet en aucun cas de contourner ses limites fondamentales.
" Notre Loi fondamentale organise exclusivement les modalités de sa révision, et non celles de sa transgression", a-t-il soutenu.
L’opposant prétend que toute tentative de s’appuyer sur une prétendue souveraineté populaire pour modifier les dispositions protégées relèverait d’une démarche " frauduleuse".
Il invoque également l’article 64 de la Constitution, qui fait obligation à chaque citoyen de défendre l’ordre constitutionnel face à toute prise ou exercice du pouvoir contraire à la Constitution.
UNE MISE EN GARDE CONTRE UNE HAUTE TRAHISON
Claudel Lubaya met en garde contre une "haute trahison". Selon lui, toute violation intentionnelle des dispositions constitutionnelles par des autorités publiques pourrait engager leur responsabilité au regard des articles 164 et 165.
La réaction de M. Lubaya traduit inexorablement la montée des tensions politiques autour de la question constitutionnelle, sujet historiquement sensible actuellement. À plusieurs reprises, des projets perçus comme susceptibles de prolonger le mandat ou de se maintenir au pouvoir avaient provoqué manifestations, violences et crises politiques.
Lors de la conférence de presse du mercredi 06 mai, le président de la République n'est pas allé sur le dos de la cuiller sur le débat autour de la Loi suprême. Le successeur de Joseph Kabila se dit prêt à accepter un troisième mandat à la tête du pays si le peuple.le lui demande
"Si le peuple veut que je fasse un troisième mandat, j'accepterai", a fait savoir Fatshi.
Le chef de l’État a rappelé un principe essentiel : aucune question d’intérêt national ne doit être confisquée ni interdite au débat.
"Partant du débat sur la Constitution, je souhaite rappeler un principe simple : aucune question d’intérêt national ne saurait être confisquée, caricaturée ou interdite de réflexion", a t-il dit.
Toutefois, il a insisté sur la nécessité d’aborder toute réflexion institutionnelle avec rigueur, transparence et dans le strict respect de l’État de droit, loin de toute précipitation ou manipulation politique.
Selon l'article 220 de la Constitution du 18 février 2026, le mandat du président de la République est de cinq ans une fois renouvelable. En d'autres termes, dix ans est le temps maximal pour la magistrature suprême.
Donc, selon la Constitution, Félix Tshisekedi, vainqueur de l' élection présidentielle de 2018 puis réélu en 2023, n'a plus droit de postuler en 2028.
Gloire BATOMENE