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Beni : « Nos familles ont perdu des êtres chers, les autorités doivent aussi se souvenir »
Douze ans après les massacres attribués aux ADF à Beni, les souvenirs restent douloureux pour les familles endeuillées. Le jeudi 15 octobre 2026, à l’occasion de la commémoration, des victimes ont livré des témoignages poignants sur les pertes humaines subies, tandis que Maître Pepin Kavota, président de la société civile de la ville, a appelé les autorités urbaines à s’impliquer davantage dans cette journée de mémoire.
« Dans notre famille, nous avons déjà perdu deux personnes. Ces deux têtes que vous avez vues sur les réseaux sociaux, placées dans une casserole, appartenaient à mon grand frère et à l’enfant de mon oncle paternel », a témoigné une victime, évoquant avec douleur la cruauté des massacres.
Une autre personne endeuillée a raconté la mort de son petit frère, tué à l’âge de 21 ans alors qu’il conduisait un camion Actros sur l’axe Beni-Kasindi : « Mon petit frère a perdu la vie à seulement 21 ans, alors qu’il travaillait pour construire son avenir. Les ADF l’ont abattu alors qu’il conduisait un camion Actros sur l’axe Beni-Kasindi ».
De son côté, Maître Pepin Kavota déplore l’absence récurrente des autorités urbaines lors des cérémonies commémoratives, notamment au stade de Kimbangu et au cimetière de Masiani. Il estime que cette mémoire ne doit pas être portée uniquement par les jeunes et les activistes des groupes de pression.
Il appelle les autorités à reconnaître le 15 octobre comme une journée de deuil et de recueillement, et plaide pour qu’elle soit déclarée chômée et sans activités afin de permettre à toute la population de rendre hommage aux victimes.
Pascal NDUYIRI