Dernière minute
Société
La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
La Belgique, par son vice-Premier ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a condamné, hier mercredi 21 octobre sans détour, le choix de l’ancien président de la République Joseph Kabila…
Étranger
La RDC veut conquérir davantage de parts du marché chinois grâce à une meilleure organisation de ses filières agricoles. L’Anapex a mis en place une Task Force dédiée prioritairement au piment,…
Nation
Au total sept (7) véhicules, dont deux camions de marque Kamaz, trois jeeps Land Cruiser et deux ambulances, ont été remis le lundi 19 octobre aux Forces armées de la République démocratique du…
Au Village des Opportunités, les premiers talents dévoilent leurs rêves sous le regard des autorités
Sous un soleil matinal et l’effervescence d’une foule venue nombreuse à l’ouverture de cet événement, les allées du Village des Opportunités ont pris vie hier mercredi. Carnets de projets en main, CV soigneusement présentés, prototypes serrés contre la poitrine… Des centaines de jeunes ont afflué, le pas pressé et l’espoir ferme, prêts à convaincre et à se frayer une place parmi les futurs bénéficiaires du programme.
Le coup d’envoi officiel a été donné par la Première ministre Judith Suminwa, qui a coupé le ruban symbolique devant une marée de jeunes enthousiastes. Quelques minutes plus tard, la Ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, Grâce Emie Kutino, baignait déjà dans la cohue, allant de stand en stand, saluant, encourageant, écoutant.
« C’est vous les jeunes, l’avenir de ce pays… Je crois en vous et je suis là pour vous. Merci, je vous aime et que Dieu vous bénisse », a-t-elle lancé d’une voix chaleureuse, déclenchant une salve d’applaudissements.
Une mosaïque de talents en quête d’opportunités
Les stands, serrés les uns contre les autres, débordaient d’idées, de créations, de produits artisanaux ou technologiques. Parmi les plus fréquentés, celui de Muasi Uzir’Art, jeune entrepreneure déterminée à remettre en lumière la beauté de la chevelure africaine. Dans son espace décoré de visuels colorés et de tresses sculpturales, elle raconte avec passion sa démarche.
« L’idée, c’est d’exprimer notre richesse. Plus nos formes sont uniques, plus nous pouvons nous affirmer sans complexe », explique-t-elle, évoquant une quête identitaire mêlée à une résistance contre l’uniformisation de la beauté.
Pour elle, la modernité n’est pas un ennemi, mais un outil à maîtriser : « La modernité n’est pas synonyme de renier notre culture. Elle doit s’accompagner d’échanges, de respect et de fierté. »
Ses propos, ponctués de gestes précis et d’un regard déterminé, résonnent comme un plaidoyer pour l’authenticité, un appel à renouer avec les valeurs africaines sans fermer la porte au progrès.
Des ruches au stade : l’art de transformer le miel en opportunité
Un peu plus loin, une odeur douce flotte dans l’air. C’est le stand d’un groupe de jeunes apiculteurs venus présenter leurs produits: miel pur, miel au gingembre, mais aussi des bougies fabriquées à partir de cire d’abeille.
Au milieu des pots soigneusement alignés, l’un des jeunes explique la minutie du travail :
« On ne prend jamais tout le miel. Une partie doit rester pour que la colonie survive. C’est la logique de la nature, et nous la respectons », affirme-t-il en montrant les alvéoles soigneusement découpées.
Loin d’un simple exposé technique, il déroule une véritable philosophie de gestion durable :
« Nos produits sont 100 % bio. Rien à voir avec les dérivés chimiques. Nous voulons former, transmettre, grandir… avec un peu de soutien, nous pourrons produire à grande échelle. »
Au fil des stands, une même énergie traverse le Village : celle d’une jeunesse décidée à se raconter autrement, à montrer qu’elle a du potentiel, de la créativité et une volonté farouche de contribuer au développement du pays.
L’événement, qui accorde déjà des stands gratuits aux premiers lauréats, se veut une plateforme d’expression mais aussi un tremplin vers le financement, la visibilité et l’autonomisation.
Entre les rires, les discussions animées, les démonstrations improvisées et les questions des jurys, une certitude se dégage : au Village des Opportunités, l’avenir commence ici, entre les mains de jeunes qui refusent de renoncer. Les activités se poursuivent pendant trois du 03 au 5 décembre.
Jérémie ASOKO