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Après l’aphrodisiaque «Mutu rouge», Vivement la lutte contre "agene" et autres stupéfiants
Le gouvernement vient de prendre une ferme décision en fermant l’usine qui fabriquait l’aphrodisiaque surnommé par les Kinois «Mutu rouge» (en référence à la couleur rouge du bouchon de cette liqueur), et en interdisant sa vente. Les Congolais encore sensés applaudissent de deux mains les autorités pour cette position.
Cependant, ils estiment que cette décision ne doit pas se limiter à ce seul produit dont la consommation a provoqué des dégâts collatéraux sur la santé de ceux qui en étaient devenus accrocs. Ils souhaitent que la lutte contre toutes sortes de stupéfiants soit étendue notamment à l’alcool indigène dit «agene» et d’autres.
Le spectacle que nous vivons aujourd’hui à Kinshasa en matière de délinquance juvénile et sénile est indicible. Même en plein centre-ville, les vendeurs et les fumeurs de chanvre ne se cachent pas. C’est à ciel ouvert qu’ils opèrent. Cela ne doit pas en être autrement dès lors que les agents de l’ordre qui devraient les réprimer, sont de mèche avec eux. Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es, enseigne un vieil et célèbre adage.
La mesure ne se limite qu'à mutu rouge
L’inconvénient de la mesure gouvernementale qui ne se limite qu’à Mutu rouge, risque de faire croire aux autres vendeurs et consommateurs de stupéfiants qu’ils sont dans le bon comme ils ne sont pas frappés par une quelconque mesure.
Ceux qui félicitent le gouvernement l’appellent tout d’abord à faire un suivi rigoureux de cette mesure pour qu’elle ne subisse pas le sort de celles antérieures, car il est connu que le manque de suivi est la cause des échecs de plusieurs décisions bien qu’elles soient salvatrices pour la population.
À ce propos, les exemples sont légion. Le déguerpissement des vendeurs pirates sur les emprises publiques, la lutte contre les pollutions sonores diffusées par les débits de boissons et les églises de réveil, l’évacuation des véhicules abandonnés sur la voie publique et des épaves, et que sais-je encore, sont autant de dispositions prises par les autorités tant urbaines que centrales, mais n’ont duré que l’espace d’un matin.
LE Manque de sanction est la source d’incivisme
S’il faut approfondir la cause objective de ce comportement, on en arrive à conclure que le manque de sanction contre leurs auteurs est la source de récidive engendrée.
Par conséquent, pour le cas d’espèce par exemple, il n’importe pas seulement de fermer l’usine qui fabriquait "Mutu rouge", mais il faut traduire en justice ses propriétaires pour le grave préjudice causé à des milliers de Congolais qui ont consommé leur produit. Les laisser libres même si leur usine est fermée, constitue une demi-sanction proche de l’impunité.
Par ailleurs, vu le désordre de tous genres qui s’est installé dans la ville de Kinshasa, de l’incivisme des motards appelés Wewa à l’insalubrité hygiénique devant nos parcelles en passant par l’occupation anarchique des espaces publics, pour que le slogan ‘Kinshasa ezobonga ‘ devienne une réalité, le gouverneur de la ville doit sortir de sa léthargie actuelle pour frapper fort.
Muke MUKE