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APRES DIX ANS DE DUR LABEUR : Azes décerne à Rémy Musungayi le prix du bâtisseur industriel
Dix ans. Dix années d’un combat discret, mais acharné pour doter la République démocratique du Congo d’un véritable levier de développement industriel. Dix ans après, le rideau s’est levé sur un hommage retentissant, rendu à un homme dont la vision dépasse les clivages politiques et les jeux de pouvoir : le professeur Rémy Musungayi Bampalé, ancien ministre de l’Industrie et père fondateur de la loi n°14/022 du 7 juillet 2014 portant création du régime des zones économiques spéciales (ZES).
À l’occasion du 10ème anniversaire de l’Agence des Zones Économiques Spéciales (AZES), organisé à Hilton hôtel, hier lundi 14 avril, quatre figures tutélaires du ministère de l’Industrie ont été honorées. Parmi elles, Rémy Musungayi, le pionnier, le concepteur, l’homme par qui le décollage industriel a pris forme dans les textes et dans les esprits.
Une loi, un legs, une légende
En 2012, alors que beaucoup esquivaient la question épineuse de l’industrialisation congolaise, Musungayi, armé de sa foi en l’État stratège, ose inscrire dans la loi un modèle : les AZES comme catalyseur de croissance et attracteur d’investissements. Deux ans plus tard, cette vision devient norme, avec l’adoption de la loi qu’il avait lui-même défendue avec fougue devant le Parlement.
«L’Agence des zones économiques spécifiques, il faut savoir que nous sommes devenus une entreprise de l’État, ancrée à partir de la loi que j’ai élaborée et défendue au Parlement en 2012, alors que j’étais ministre de l’Industrie et des PME. Donc voilà, ma joie est grande lorsque je constate que je suis primé par ceux qui m’ont succédé après moi, à propos du travail que j’ai accompli. Le travail bien fait ne passe jamais inaperçu. Mais cette nouvelle loi relance l’industrie dans notre pays.
«Dans le cadre de l’implémentation des lois concernant l’industrialisation de notre pays, l’industrialisme, il a donc fallu que je puisse doter le ministère de l’Industrie d’une loi permettant à tous les investisseurs qui viennent chez nous de déplacer leurs capitaux en toute sécurité et de produire des avantages pour l’intérêt du pays», fait-il remarquer.
Ces mots, simples mais puissants, ont traversé la salle comme une onde de légitimité, celle d’un bâtisseur qui savait dès le départ que son œuvre résisterait à l’épreuve du temps. Il n’a pas manqué de rendre un hommage sincère à ceux qui, dans l’ombre du Sénat, l’avaient soutenu à l’époque : Léon Kengo Wa Dondo, Evariste Mike Mulumba et Lombea Oposongo Likundelio.
Un architecte à la vision nationale
Mais, Musungayi n’est pas homme à vivre dans la nostalgie des victoires passées. Il voit loin, toujours. Dans son adresse, il a réaffirmé l’urgence de quadriller tout le territoire national ses 2.345.410 km² de l’Agence des Zones Économiques Spéciales. Une colonisation économique républicaine, pacifique et productive, portée non pas par la force, mais par l’ambition de transformer chaque province en pôle de production et de transformation.
Aujourd’hui, l’AZES n’est plus un département, mais une entreprise publique d’envergure, preuve que la graine semée en 2014 a non seulement germé, mais porte désormais ses fruits. L’idée d’hier est devenue la réalité d’aujourd’hui.
Un écologiste industriel avant l’heure
À son tableau d’honneur, un autre combat, souvent ignoré, mérite d’être souligné: sa lutte acharnée contre les emballages non biodégradables. À l’époque, cela paraissait anecdotique.
Aujourd’hui, alors que les sachets plastiques asphyxient villes et rivières, Musungayi apparaît comme un visionnaire écologique, un précurseur dans un pays qui découvre tardivement les ravages de la pollution urbaine.
Un ministère marqué à vie
Pour ses successeurs Jean-Lucien Bussa, Julien Paluku, Germain Kambinga, également distingués, le nom Musungayi reste gravé dans les couloirs du ministère de l’Industrie. Ses émissions pédagogiques sur l’essor industriel, sa rigueur doctrinale, sa capacité à conjuguer réflexion académique et action politique en font encore aujourd’hui un repère doctrinal dans les cercles de gouvernance économique.
Plus qu’un trophée, une consécration
Le prix remis au Professeur Rémy Musungayi n’est pas une simple statuette dorée, mais la matérialisation d’une reconnaissance institutionnelle, d’un héritage assumé. Il est la preuve vivante que la RDC peut produire des bâtisseurs de longue mémoire, des penseurs capables de concevoir des mécanismes solides pour affranchir le pays de sa dépendance aux exportations brutes.
Le professeur Musungayi n’a pas cherché les projecteurs. Il a préféré écrire dans le marbre. Aujourd’hui, c’est le marbre qui le célèbre.
Jérémie ASOKO