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Agression rwandaise : Washington, Paris, Londres … somment Kigali de retirer ses troupes de la RDC
Le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs, regroupant plusieurs puissances occidentales, a exigé, hier mercredi 19 février, le retrait immédiat des troupes rwandaises et de leurs alliés du Mouvement du 23 mars et de l'Alliance du fleuve Congo (M23/AFC) des territoires congolais qu’ils occupent, notamment la ville de Goma et l’aéroport de Kavumu à Bukavu.
Dans une déclaration ferme, ce groupe, composé de représentants de l’Allemagne, de la Belgique, du Danemark, des États-Unis, de la France, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de la Suède, de la Suisse et de l’Union européenne (UE), a dénoncé «l’offensive continue» du M23 et de l’armée rwandaise, qu’il accuse de compromettre les efforts de paix régionaux.
«Nous condamnons vigoureusement l’offensive continue du M23/de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et de la Force de défense rwandaise (RDF) dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, ainsi que la prise récente de l’aéroport de Kavumu et de la ville de Bukavu. Nous demandons à la FDR de se retirer sans plus attendre de la RDC», a indiqué le Groupe de contact international.
La déclaration rappelle que cette escalade militaire menace les engagements pris lors du sommet conjoint de la Communauté de l’Afrique de l’est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) du 8 février dernier, et validés par l’Union africaine (UA) le 14 février.
L’Occident appelle ainsi toutes les parties à respecter un cessez-le-feu immédiat et à privilégier la voie du dialogue pour restaurer la paix dans cette région en proie à l’instabilité depuis plusieurs décennies.
LE Rwanda et la Belgique les relations détériorées
En parallèle, la crise a engendré une détérioration des relations diplomatiques entre Kigali et Bruxelles. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prevot, a annoncé que la Belgique avait pris acte de la suspension par le Rwanda du programme de coopération bilatérale entre les deux pays. Cette décision de Kigali fait suite aux critiques belges à l’égard de l’implication rwandaise dans le conflit congolais.
«Suite à la violation de l’intégrité territoriale de la RDC et de la Charte des Nations unies par le Rwanda, la Belgique s’est exprimée clairement pour une approche plus ferme à l’égard de Kigali», a fait savoir Maxime Prevot, soulignant que son pays souhaitait que cette suspension se déroule de manière professionnelle afin de ne pas pénaliser la population rwandaise.
De son côté, le Rwanda accuse la Belgique de mener une campagne visant à priver Kigali de financements internationaux. «Politiser le développement est fondamentalement inacceptable», a réagi le ministère rwandais des Affaires étrangères, dénonçant une ingérence extérieure qui, selon lui, pourrait entraver les efforts de médiation africains.
M23 signalé à Uvira
Pendant que la Communauté internationale tente de peser sur la situation, les affrontements se poursuivent sur le terrain. Plusieurs sources locales rapportent la présence des combattants du M23/AFC à Sange, dans le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu.
«La situation s’est calmée, il n’y a pas de crépitement de balles, mais ils [les rebelles] sont passés ici à Sange», a confié un habitant à ACTUALITE.CD. Cette avancée des rebelles a provoqué une panique au sein de la population locale, poussant certains habitants à se réfugier dans les montagnes.
À Bukavu, occupée depuis dimanche le 16 février dernier, les autorités locales tentent de rassurer la population en organisant des rassemblements pour appeler au calme et éviter la panique.
Face à cette escalade, la Communauté internationale insiste sur la nécessité d’une solution politique pour mettre fin au conflit. Le Groupe de contact international réaffirme son attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC et appelle les autorités congolaises à renforcer l’autorité de l’État dans l’est du pays.
Toutefois, sur le terrain, la situation reste volatile, et les appels à la désescalade peinent à être suivis d’effets concrets.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO
Ministère fédéral des Affaires étrangères
Déclaration du Groupe de contact international sur la situation dans l’est de la RDC
Communiqué de presse
19.02.2025 -
Le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs (ICG), présidé par l’Allemagne, a publié le communiqué suivant sur la situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs, auquel participent des représentants de l’Allemagne, de la Belgique, du Danemark, des États Unis, de la France, des Pays Bas, du Royaume Uni, de la Suède, de la Suisse et de l’Union européenne, exprime sa plus vive préoccupation en ce qui concerne la situation dans l’est de la RDC. Il souligne par ailleurs qu’il ne saurait y avoir de solution militaire au conflit et appelle les parties à donner la priorité à un engagement diplomatique et politique.
Le Groupe de contact international soutient pleinement le processus politique conduit par les pays africains et établi par les processus de Luanda et de Nairobi. Nous saluons le travail accompli par le président angolais et nouveau président de l’Union africaine (UA), João Lourenço, ainsi que par l’ancien président kenyan, Uhuru Kenyatta. Nous appuyons pleinement l’appel lancé le 14 février 2025 par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA à une reprise immédiate des négociations et du dialogue avec l’ensemble des parties étatiques et non étatiques (militaires et non militaires), dont le M23, dans le cadre des processus de Luanda et de Nairobi.
Nous condamnons vigoureusement l’offensive continue du M23/de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et de la Force de défense rwandaise (FDR) dans le Nord Kivu et le Sud Kivu, ainsi que la prise récente de l’aéroport de Kavumu et de la ville de Bukavu. Nous appelons le M23/AFC à cesser immédiatement leur offensive et à se retirer de l’ensemble des territoires dont ils ont pris le contrôle, y compris de la ville et de l’aéroport de Goma. Tout soutien direct ou indirect aux groupes armés par l’ensemble des parties doit cesser immédiatement. Nous demandons à la FDR de se retirer sans plus attendre de la RDC.
L’offensive continue du M23/AFC et de la FDR compromet les efforts régionaux de paix ainsi que la mise en œuvre des conclusions du sommet conjoint de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) qui s’est tenu le 8 février 2025 et a été approuvé par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA le 14 février 2025. Nous exhortons toutes les parties à appliquer sans délai ni condition le cessez le feu et appelons tous les groupes armés, dont le M23, à déposer les armes et à renouer le dialogue afin de mettre fin à la violence et de protéger les populations civiles.
Nous condamnons avec la plus grande fermeté les violations graves du droit international humanitaire et des droits humains et soulignons qu’il est impératif que l’intégralité des accusations de violations et d’abus fassent l’objet d’enquêtes approfondies, que les victimes soient reconnues et soutenues et que les responsables répondent de leurs crimes. L’accès humanitaire doit être garanti sans délai ni condition. Le Groupe de contact international prend note avec grande inquiétude des allégations de niveaux élevés de violence sexuelle.
Le Groupe de contact international souligne la responsabilité première du gouvernement de la RDC en ce qui concerne le renforcement de l’autorité de l’État et de la gouvernance dans l’est du pays, et il réaffirme son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Nous insistons également sur l’importance des initiatives de dialogue intra congolais visant à renforcer la cohésion nationale de la RDC, telles que les efforts de facilitation menés par les églises.
Le Groupe de contact international appelle toutes les parties dans la région des Grands Lacs à éviter une escalade militaire, à s’engager sérieusement dans le processus de paix politique, à s’attaquer aux causes profondes de ce conflit qui dure depuis des décennies et à œuvrer pour donner un nouvel élan à l’Accord cadre de 2013 pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région.