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Affaire Vally Amisi : le principal suspect arrêté à Brazzaville après 115 jours de cavale
"9 jours pour le voleur, un seul jour pour le propriétaire", dit-on. Il aura finalement fallu 115 jours à la justice pour mettre la main sur le principal suspect dans l'affaire du meurtre de l'entrepreneur sportif et vice-président du club Nouvelle Vie Bomoko FC, Vally Amisi.
Pendant près de quatre mois, ce dossier a semblé piétiner. Le suspect, aperçu pour la dernière fois en compagnie de la victime, s'était volatilisé dans la nature, alimentant un climat d'inquiétude et de spéculation. Cette affaire, devenue un véritable "cold case", a tenu en haleine l'opinion publique kinoise et congolaise.
Les faits remontent au mois d'avril dernier. Vally Amisi, entrepreneur congolais résidant en Afrique du Sud, était en déplacement professionnel à Kinshasa lorsqu'il a été retrouvé mort dans une ruelle de la commune de la Gombe, au petit matin du 10 avril. Ce drame avait suscité une vive émotion dans la capitale.
Initialement, les premières informations évoquaient un enlèvement suivi d'une exécution par des hommes armés non identifiés. Mais au fil des investigations, la piste s'est resserrée autour d'un suspect clairement identifié, un proche de la victime.
DES IMAGES DE VIDÉOSURVEILLANCE
Des images de vidéosurveillance, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont constitué un tournant dans l'enquête. On y voit Vally Amisi entrer dans un appartement accompagné d'un individu. Quelques heures plus tard, ce dernier ressort seul, après avoir pris soin de masquer une caméra de surveillance. Une autre séquence, particulièrement troublante, montre un homme dans un ascenseur aux côtés de ce qui semble être un corps inerte.
Face à ces éléments, le Parquet de grande instance de Kinshasa/Gombe avait émis un avis de recherche contre Mukena Mwepu Benie, poursuivi pour assassinat conformément aux articles 44 et 45 du Code pénal congolais. Malgré les recherches engagées par la police, la Direction générale de migration et Interpol RDC, le suspect était resté introuvable pendant plusieurs mois.
LE DÉNOUEMENT EST INTERVENU LE 02 AOÛT
Le dénouement est intervenu le dimanche 2 août. Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko, a annoncé l'interpellation de Mukena Mwepu Benie à Brazzaville, en République du Congo. Dans un communiqué, il a salué "une coopération judiciaire étroite entre la République démocratique du Congo et la République du Congo".
Selon les autorités, les procédures de transfèrement vers Kinshasa sont en cours, dans le respect des lois et des droits fondamentaux, notamment la présomption d'innocence. Aucun calendrier précis n'a toutefois été communiqué.
Le ministère précise que les investigations ont permis de réunir des éléments orientant clairement les soupçons vers la personne interpellée, tout en rappelant que seule une décision judiciaire définitive pourra établir sa responsabilité pénale.
Une vidéo présentée comme celle de l'interrogatoire du suspect a largement circulé sur les réseaux sociaux. On y aperçoit Mukena Mwepu Beni, qui y reconnaît une implication dans les faits, tout en affirmant avoir agi sur instruction. Selon ses propres déclarations, il aurait été chargé "d'amener la victime à l'appartement". Il évoque également la présence d'autres individus au moment des faits. Des propos qui, à ce stade, doivent être considérés avec prudence et restent à vérifier dans le cadre de la procédure judiciaire en cours.
La famille de Vally Amisi, profondément marquée par ce drame, attend toujours que justice soit rendue. Après plusieurs semaines passées à la morgue de l'Hôpital du Cinquantenaire, la dépouille de la victime a été inhumée au cimetière Nécropole "Entre terre et ciel", dans un climat de douleur et d'indignation.
Ezéchiel Monteirious MONTEIRO