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Affaire Onana: Denis Mukwege dénonce « un procès politisé »
Prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege dénonce «la politisation» du procès du politologue et journaliste d’investigation, Charles Onana, qui a démarré le lundi 7 octobre au Tribunal correctionnel de Paris.

« Le réparateur des femmes » s’est exprimé la veille du procès dans une déclaration diffusée récemment. « C’est une injustice envers ceux qui cherchent à documenter et dénoncer les crimes de guerre et les massacres commis en RDC », a laissé entendre, Denis Mukwege.
Selon ce Congolais épris de paix, ce procès représente une attaque contre ceux qui tentent de «mettre en lumière les souffrances du peuple congolais».
Denis Mukwege rappelle à cet effet que ces souffrances sont en partie documentées dans le rapport Mapping de l’Organisation des Nations unies (Onu), publié il y a quatorze ans, et dans lequel des crimes commis sur le territoire de la RDC sont consignés.
« Une honte pour la France »
«Poursuivre un homme qui dénonce les atrocités en RDC, alors que les responsables de ces crimes jouissent d’un accueil privilégié à Paris, est une honte pour la France, un pays qui se veut défenseur des droits de l’homme», décrie le Prix Nobel de la paix 2018.
Le franco-camerounais, Charles Onana est poursuivi aux côtés de son éditeur pour «contestation de l’existence d’un crime de génocide», en rapport avec le génocide des Tutsis au Rwanda en avril 1994, suite à des propos tenus dans son livre: «Rwanda, la vérité sur l’opération turquoise», publié en 2019.
Cette affaire a été portée devant la justice par des plaintes de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue des droits de l’homme (LDH)… et l’association Survie.
Onana s’offre en holocauste pour les Congolais
Lors de l’ouverture du procès, Charles Onana a réaffirmé son engagement en faveur de la reconnaissance des souffrances des Congolais. «C’est important que le peuple congolais retrouve sa dignité, sa fierté. On doit reconnaître le statut de victime du peuple congolais. On ne peut pas avoir 10 millions de morts et faire comme si ce n’était rien. Pour moi, les victimes congolaises existent. Il faut leur donner un visage», a-t-il dit. L’opération turquoise s’est déroulée en avril 1994 et a fait au moins 800.000 morts avec, en amont, l’assassinat des présidents rwandais, Juvénal Habyarimana, et burundais, Cyprien Ntaryarmira. Kigali ne cesse de mettre au-devant de la scène cet événement tragique.
Certaines puissances mondiales soutiennent le Rwanda. Mais en revanche, des millions de morts au Congo, sous forme de « Genocost » dans la partie orientale du pays de Tshisekedi, sont banalisés par ces mêmes puissances en esquivant les accords de paix de Nairobi et de Luanda.
Gloire BATOMENE