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Adolphe Muzito soutient la révision constitutionnelle
*Aux dires de « Mfumumpa », le débat sur cette question ne doit pas être perçu comme un sujet tabou.
Nouvel Elan, la formation politique chère à Muzito ne fait pas mystère de la révision ou du changement de la Constitution. Aucurs d’une déclaration à la presse hier lundi 25 novembre, le secrétaire général de Nouvel Élan, Blanchard Mongomba, a réaffirmé la position constante de son parti en faveur d’une révision, voire d’un changement complet de la Constitution.Selon Nouvel Élan et son leader Adolphe Muzito, cette réforme est indispensable pour corriger ce qu’ils qualifient de « péché originel », marqué par une confiscation du pouvoir du peuple par des forces extérieures et des institutions de facto.
» Depuis ce temps, le peuple a vu son pouvoir être confisqué par les impérialistes, qui vont imposer une oligarchie sous plusieurs formes, au point d’empêcher le pays d’avoir une Constitution définitive et républicaine. Car, la Constitution du 18 février 2006 est une constitution rédigée par un parlement de facto et des députés nommés par un pouvoir de facto et promulguée par un président de facto Ce qui sous-tend justement notre thèse de la continuité du péché originel « , a déclaré Blanchard Mongomba.
Pour Nouvel Élan, le débat sur la révision constitutionnelle ne doit pas être perçu comme un tabou ou un sujet sensible, mais comme une étape cruciale pour consolider la démocratie participative en RDC. Le secrétaire général de ce parti a rappelé que la Constitution elle-même prévoit des mécanismes pour son amendement, et que toutes les parties devraient aborder cette question avec responsabilité et objectivité.
» Ce débat n’est ni sorcier ni tabou. Ce qui est important, c’est de proposer des idées claires et concrètes dans un esprit de compromis républicain, loin des clivages partisans et émotionnels « , a-t-il déclaré.
Le parti s’est félicité de voir cette question désormais portée au plus haut niveau des institutions, grâce à l’initiative du président Félix Tshisekedi de créer une commission représentative pour débattre de la Constitution. Toutefois, cette formation politique insiste sur la nécessité que cette commission soit coordonnée par l’opposition afin de garantir son impartialité et sa légitimité.
Des réformes clés proposées par Nouvel Élan
Depuis plusieurs années, Nouvel Élan milite pour une série de réformes visant à améliorer la gouvernance et renforcer la souveraineté populaire. Parmi les propositions phares du parti figurent :
La titrisation des terres en faveur des communautés locales : Nouvel Élan prône une reconnaissance juridique du droit des populations autochtones à une concession perpétuelle des terres, en opposition au système foncier actuel.
Une décentralisation effective : Cela inclut une révision des mécanismes de répartition des recettes nationales et étrangères entre l’État central, les provinces et les entités territoriales décentralisées.
Le transfert concret des compétences exclusives aux provinces : L’État doit garantir l’autonomie des provinces en matière de gestion et de gouvernance.
La fin du bicéphalisme institutionnel : Nouvel Élan estime que la coexistence entre un président et un premier ministre affaiblit l’exécutif national et alimente des conflits inutiles.
L’adoption d’une Constitution définitive : Pour Nouvel Élan, la Constitution de 2006 est une « Constitution de transition », rédigée et promulguée par des institutions de facto. Le parti milite pour une nouvelle Constitution, élaborée par un pouvoir véritablement élu et représentatif du peuple congolais.
Un combat historique pour la souveraineté du peuple
Adolphe Muzito, leader de Nouvel Élan, a toujours défendu la nécessité de réhabiliter le peuple congolais comme source unique de légitimité. Depuis les années 2010, Muzito plaide pour une refonte totale de l’ordre constitutionnel en RDC. Lors des ateliers du cinquantenaire du Palu en 2014, il avait déjà mis en avant l’idée d’un changement constitutionnel pour garantir la souveraineté populaire.
En 2016, dans une tribune intitulée « Deux dialogues, deux transitions », Muzito déclarait : » Retourner au peuple pour réhabiliter la loi fondamentale, selon laquelle seul un pouvoir élu peut élaborer et adopter une Constitution au Congo «
» Installer ainsi un deuxième verrou, qui serait le peuple lui-même, pour empêcher tout putschiste futur de rédiger une Constitution via un parlement illégitime «
Un appel à l’unité et au débat responsable
Nouvel Élan a critiqué les acteurs politiques qui s’opposent aujourd’hui à toute révision constitutionnelle, mais qui, dans le passé, ont soutenu ou participé à des initiatives similaires. Blanchard Mongomba a appelé les forces politiques et sociales à débattre en toute responsabilité, sans manipulations ni postures partisanes.
» Regardons le peuple en face et reconnaissons que certains d’entre nous ont soutenu cette démarche par le passé. Arrêtons de manipuler notre peuple, débattons honnêtement pour éviter un déni de démocratie« , a-t-il déclaré.
Un vibrant appel aux Lumumbistes
Nouvel Élan a appelé tous les Lumumbistes et les patriotes à se joindre à leur combat pour mettre fin à l’œuvre des impérialistes et bâtir une République souveraine. Le parti insiste sur le rôle central du peuple dans ce processus : » Dans une démocratie, le peuple doit être l’alpha et l’oméga. «
Au moment où la question de la révision constitutionnelle divise l’opinion nationale, Nouvel Élan se positionne comme un acteur incontournable dans ce débat crucial pour l’avenir de la RDC.
Christian-Timothée Mampuya