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Vivement la redynamisation du Senafic
Depuis des lustres, l’agriculture est déclarée priorité des priorités en RDC mais rien de concret ne se passe sur le terrain. Malgré ses millions de terres arables, la RDC connaît une insécurité alimentaire qui n’honore pas le pays et fait de lui une risée du monde.
Pourtant, en vue de maximiser sa production agricole, la RDC avait créé en 1972 le Programme national engrais (PNE) qui a été remplacé en 1990 par le Service national des fertilisants et intrants connexes (Senafic) ayant rang de direction nationale. Il a pour objectif de: contribuer à l’augmentation de la production agricole par l’utilisation rationnelle des fertilisants et intrants connexes: engrais, inoculum, matériels agricoles, pesticides; assurer la formation d’un personnel technique spécialisé dans le domaine de la fertilité des sols, de la nutrition des plantes et de la vulgarisation des intrants agricoles; introduire et vulgariser les fertilisants et intrants connexes. Il s’agit également de: proposer la politique nationale en matière de fertilité des sols, en particulier, de déterminer les meilleures doses d’engrais, des produits phytosanitaires qui sont économiquement recommandables auprès des paysans; élaborer et proposer une législation relative aux intrants agricoles à importer ou à exporter et à contrôler l’application de ces normes; aider à la coordination et à la supervision de toutes les opérations ayant trait à l’importation ou à la production des intrants agricoles, et assurer la gestion et la distribution des fertilisants et intrants connexes provenant soit des dotations bilatérales ou multilatérales, soit des achats propres du gouvernement.
Malheureusement, après avoir abattu un grand travail durant des années, le Senafic est tombé dans une léthargie totale par manque de moyens appropriés. Au centre de cette situation figure un manque réel de vision et de volonté politique. Et pour preuve le non-alignement de ce service dans le Plan d’engagement budgétaire (PEB) et le manque d’approvisionnement des agriculteurs en intrants agricoles par le gouvernement.
Concernant le manque de vision que nous avons stigmatisé, citons à titre illustratif le cas d’un appel d’offres lancé en 2015-2016 par le gouvernement pour approvisionner les agriculteurs en intrants agricoles par la procédure de passation de marché public. Depuis lors, les attributaires qui ont gagné le marché attendent encore les 20% de l’acompte pour livrer les intrants. Un seul d’entre eux vient à peine de fournir les petits outillages, soit 7 ans après!
Une autre preuve est l’exemple du laboratoire UPIL pour la production de l’engrais biologique azoté, acquis en 1984, mais qui n’est pas opérationnel malgré les produits chimiques, matériels et équipements offerts par le PARRSA/ Banque mondiale depuis 2015. Voilà autant d’opportunités gaspillées alors que le pays n’arrive pas à assurer la sécurité alimentaire à sa population, se contentant de la nourrir avec des produits vivriers importés. L’agriculture, priorité des priorités, doit devenir une réalité et non demeurer un simple slogan. Muke MUKE