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VIENT DE PARAÏTRE : »Sylvestre Mudingayi. Une vie de combats »
» »Sylvestre Mudingayi. Une vie de combats » Je te baptise et te demande d’inspirer nos jeunes gens pour qu’ils puissent, à leur tour aussi confier leurs mémoires pour qu’on puisse connaître l’histoire du Congo. Tu as été un grand homme et voilà, plusieurs années, après que tu es parti. Que ce livre soit acheté et lu« . Le professeur émérite Jean-Marie Mutamba Makombo, archiviste et historien baptisait ainsi ce livre écrit par Sylvestre Ntumba Mudingayi, petit-fils de ce grand homme, après l’avoir brillamment présenté. C’était hier mercredi 27 septembre à Gombe.
Dans sa présentation du livre, Jean-Marie Mutamba Makombo a montré l’intérêt du livre et pourquoi il doit être cherché et lu.
Le présentateur révèle que l’auteur, Sylvestre Ntumba Mudingayi a transcrit les entretiens qu’il a eus avec son grand-père en les ajoutant au contenu de deux longs textes de conférences laissées par l’intéressé. Ce que lui-même va avouer, « j’ai écrit ce livre sur base des textes laissés par mon grand-père : les conférences qu’il a tenues et un entretien que j’ai enregistré avec lui« .
Journaliste de formation, Sylvestre Ntumba Mudingayi a souligné le fait d’avoir écrit non l’histoire du Congo, mais celle de son grand-père. « Mais il se fait que mon grand-père a beaucoup d’intersections avec certains points de l’histoire de la RDC« , a-t-il conclu en invitant l’assistance à le lire en se mettant dans le contexte de l’époque.
Ce livre apporte des réponses aux questions que la génération des petits-enfants de Sylvestre Mudingayi se pose. Il s’agit de 5 questions majeures : A la Gombe, il y a une place des Evolués : qui sont les évolués ? Qui étaient les évolués ? Les évolués appartiennent à la génération de ceux qui sont nés entre 1905 et 1929. Ils viennent après la génération de ceux qui ont établi les premiers contacts avec les Européens (1880-1904) et avant la génération des premiers universitaires (1930-1954). .
POURQUOI LES EVOLUES ONT DEMANDE L’INDEPENDANCE ?
Les évolués voulaient être assimilés aux Blancs. Ils se différenciaient des » basenzi« , les sauvages. Les Blancs voulaient toujours se tenir à distance de l’indigène. Ils avaient leur propre cité, différente de celle des Noirs. Il y avait donc l’apartheid. Le Noir voyait en un Blanc un homme parfait, il était tout et possédait tout ; et vice-versa le Blanc voyait en indigène un petit enfant à qui ‘on pouvait tout imposer, tout inculquer…
QUELS SONT LES COMBATS MENES PAR SYLVESTRE MUDINGAYI ?
Le 2ème président du Sénat a cultivé l’anticléricalisme. Tout en étant président de l’Action catholique, il était révolté du renvoi des enfants protestants de l’école officielle pour des raisons confessionnelles. Ainsi va-t-il démissionner pour n’avoir pas été entendu. Les évolués se passionnaient pour ou contre les écoles laïques. Pour soutenir l’enseignement officiel, Sylvestre Mudingayi se fait l’éditeur responsable du journal La Lumière en 1954.
LES ORIGINES LOINTAINES DU CONFLIT LULUA-LUBA
En 1949, le chef-lieu de la province du Kasaï était transféré de Lusambo à Luluabourg. Tous ceux qui étaient dans l’administration provinciale à Lusambo devaient aller à Luluabourg. La majorité était des Luba, des Tetela et des Kuba. Sylvestre Mudingayi est arrivé à Luluabourg en 1950. Les Lulua ont commencé à se plaindre. Pourquoi les premières places dans leur territoire étaient occupées par des « étrangers » ? Frustrés et indignés, ils pensaient que les Blancs avaient une préférence pour les Baluba. Ils vont officialiser la création de l’Association Lulua-Frères en 1951.
QU’EST-CE QUE LE PNP ?
Sylvestre Mudingayi a créé le Parti national du progrès (PNP) que les adversaires ont transformé en Parti des nègres payés ou Penepene na Mondele. Attaqué à coups de couteau par la jeunesse du MNC/Kalonji, grièvement blessé, pendant la campagne électorale de mai 1960, Il est transféré en Belgique pour les soins. Il va revenir en politique aux élections de 1965 sous le couvert du parti Rassemblement du peuple Luba. Il est élu président du Sénat. .
»Sylvestre Mudingayi. Une vie de combats’‘ est illustré abondamment : 32 photos, plus trois photocopies des lettres et de journal, rapporte le professeur archiviste et historien. Il compte 128 pages de format 14,8 cm X 21 cm. Le récit s’organise autour de 12 sections (chapitres) : avant-propos, le fils du chef, le Blanc et l’indigène, l’émancipation à travers le monde associatif, Mon combat pour une école officielle laïque, L’effervescence politique, La marche vers l’indépendance, Le grand déménagement, L’attaque de Luputa, Mon retour à la politique, La retraite politique, et Oraison funèbre.

Né en novembre 1912 à Lusambo au Kasaï, Sylvestre Mudingayi est mort le dimanche 23 novembre 1986. Il a travaillé à la Banque du Congo belge (1932-1967). En 1953, il fera partie des 15 notables congolais à visiter la Belgique suite au vœu formulé pour voir les Belges au travail.
»Sylvestre Mudingayi. Une vie de combats », c’est les Mémoires constituées en majeure partie des notes et des confidences de Sylvestre Mudingayi lui-même que son petit-fils Sylvestre Ntumba Mudingayi a dû publier 37 ans plus tard en qualité d’exécuteur testamentaire, selon Charles Djungu Simba, éditeur gérant des éditions du Pangolin. Il a invité les personnes présentes à la cérémonie de vernissage dudit livre à ne pas attendre leur disparition pour laisser à la postérité leur lecture des événements dont elles ont été actrices et/ou témoins durant leur existence. L’éditeur commercial les a prévenues que » si elles ne le font pas, d’autres n’hésiteront pas à le faire en lieu et place avec leurs versions revues, arrangées, corrigées voire faussées. Selon lui, les Congolais non seulement n’écrivent pas beaucoup, ceux qui écrivent sont rares, mais aussi beaucoup ne lisent pas« . Kléber KUNGU