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Sommet UE-UA : priorité à la santé, plaide Macky Sall
* »Sans sécurité sanitaire, la relance économique est impossible », clame le successeur de Félix Tshisekedi au perchoir du continent
Le président français, Emmanuel Macron, a ouvert, hier à Bruxelles, le 6ème Sommet entre l’Union européenne (UE) et l’Union africaine (UA). Occasion pour nombre de chefs d’Etat et de gouvernement d’échanger sur les enjeux politiques, commerciaux, climatiques, sanitaires… entre les deux continents et, bien entendu, de négocier un nouveau départ. Axées sur le thème »Bâtir un avenir pour la jeunesse », ces assises balisent la voie au réchauffement de la coopération qui devrait se concrétiser par l’investissement de 150 milliards d’euros de l’UE en Afrique.
C’est, au total, 40 des 55 dirigeants membres de l’Union africaine (UA) qui se sont réunis à Bruxelles ce jeudi 17 février avec leurs homologues de l’UE pour le sommet des deux organisations. Venant d’assumer la présidence de l’UA, la RDC est représentée à ces assises par le Premier ministre Sama Lukonde.
« L’Afrique est en pleine mutation, elle a beaucoup changé (…) Plus qu’une mise à jour du logiciel, nous proposons d’installer ensemble un nouveau logiciel adapté aux mutations en cours« , a indiqué le président de l’Union africaine, le Sénégalais Macky Sall, appelant à « un nouveau départ ».
« Nous devons réinventer la relation… Nous devons revoir la méthode (…) S’il y a un échec du continent africain, le premier à en pâtir sera le continent européen« , a reconnu, pour sa part, Emmanuel Macron.
Court-circuitée par une avalanche de coups d’Etat qui a secoué le continent, l’UA a dû suspendre récemment le Mali, le Burkina Faso, la Guinée et le Soudan. A Bamako, le régime kaki a contraint Paris et ses partenaires européens à officialiser, jeudi, leur retrait militaire du Mali au terme de neuf ans de lutte antijihadiste.
« L’Europe a besoin d’une Afrique stable, sûre et prospère« , a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel, avertissant que « les coups d’Etat mettent en péril le développement ».
« L’Afrique est courtisée, elle a le choix de ses partenaires« , soutient-on à Bruxelles, où l’on propose aux pays africains un partenariat « innovant » et « respectueux ». Critiqués par des ONG, les Européens assurent qu’il n’est « pas question d’évacuer les sujets de respect de l’Etat de droit et des droits humains« .
Priorité Santé
Autre priorité ? La santé. Dans un continent en proie à la lutte contre la pandémie du coronavirus, l’on déplore le fait que 11% seulement de la population est entièrement vaccinée en Afrique. Ce, alors que l’UE a offert 150 millions de vaccins au continent, promettant de poursuivre cet effort. Notamment par la création de centres de production de vaccins au Sénégal, au Rwanda, au Ghana et en Afrique du Sud.
« Sans sécurité sanitaire, la relance économique est impossible », a relevé le numéro un sénégalais dans une tribune diffusée hier au quotidien français le « Monde ». « Le partenariat ambitieux et renouvelé entre l’Europe et l’Afrique ne peut plus ignorer l’impact des questions de santé sur le développement », a-t-il martelé face à ses interlocuteurs au cours de ce sommet qui tire ses rideaux ce vendredi 18 février à Bruxelles.
« L’Europe et l’Afrique ont intérêt à travailler ensemble« , souligne le nouveau président de l’Union africaine qui tient à orienter l’attention des partenaires européens sur la santé, qu’il estime prioritaire pour le continent… à l’heure du covid-19.
Plus de 150 milliards d’euros pour l’Afrique
En visite à Dakar le jeudi 10 février dernier, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est attentive aux préoccupations du tout frais successeur du chef d’Etat congolais, Félix Tshisekedi, à la tête de l’Union africaine. Lors de cette rencontre focalisée sur les préparatifs du sommet UA/UE, elle a fait part à Macky Sall de l’important plan régional, conçu dans le cadre de la nouvelle stratégie d’investissements en Afrique, baptisée « Global Gateway ».
« Aujourd’hui, je suis fière d’annoncer plus de 150 milliards d’euros pour le programme Afrique-Europe ; c’est le tout premier plan régional sous Global Gateway « , a révélé la présidente de la Commission européenne, se référant à cette initiative lancée en décembre 2021.
« Perçue comme une riposte aux Nouvelles Routes de la soie, tracées par la Chine qui étend rapidement sa présence économique et politique en Afrique, Global Gateway est censée mobiliser jusqu’à 300 milliards d’euros de fonds publics et privés d’ici à 2027, dans des projets d’infrastructures à travers le monde. Sa déclinaison pour l’Afrique fixe plutôt l’horizon à 2030« , commente rfi.fr, s’inspirant d’un document rendu public récemment par la Commission européenne.
« L’argent ira, sans doute, aux énergies renouvelables, à la réduction des risques de catastrophe naturelle, à l’accès des Africains aux réseaux internet, aux transports, à la production de vaccins ou à l’éducation« , précise le site du média français.
« Les investissements seront au cœur des discussions de ce sommet », a indiqué Ursula von der Leyen. « Dans ce domaine, l’Europe est le partenaire le plus fiable pour l’Afrique et de loin le plus important « , a-t-elle souligné, précisant que Global Gateway s’appuie davantage sur « les valeurs auxquelles l’Europe et l’Afrique sont attachées, comme la transparence, la durabilité, la bonne gouvernance et le souci du bien-être des populations« .
Pour ce faire, insiste la présidente de la Commission européenne, « nous avons besoin du secteur privé, de son expertise et de son fort investissement ; nous avons aussi besoin de volontarisme politique au plus haut niveau« . Yves KALIKAT