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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Route Kananga-Kalambambuji : La population dénonce le vol récurrent de matériaux sur le chantier routier
Alors que les travaux de réhabilitation de la route Kananga–Kalambambuji, exécutés par l’entreprise chinoise Sinohydro, sous la supervision de l’Agence congolaise de grands travaux (ACGT), s'exécutent bien, un fait troublant vient assombrir l’élan de ce chantier structurant : des cas de vols massifs de matériaux sont signalés par la population locale.
Lors d’une ronde effectuée le samedi 16 août sur le tronçon Matamba–Kalambambuji, plusieurs habitants des villages environnants ont exprimé leur indignation face à la recrudescence des détournements de matériaux destinés à la construction de la route. En ligne de mire : les sacs de ciment, les barres de fer et d’autres équipements essentiels au bon déroulement des travaux.
LES SOUPÇONS PÈSENT SUR CERTAINS TRAVAILLEURS
Selon les témoignages recueillis sur place, les principaux auteurs de ces actes seraient des travailleurs eux-mêmes, engagés par Sinohydro pour exécuter les travaux. La population affirme, preuves à l’appui, que certains de ces ouvriers profitent de leur accès direct aux matériaux pour soustraire des quantités non négligeables de ciment, qu’ils revendraient ensuite à des tiers dans des circuits parallèles.
«On les voit sortir des sacs la nuit ou en cachette, et les transporter dans des motos ou des vélos. Ils volent ces matériaux pour les revendre, pendant que la route reste inachevée», a confié un habitant de Kalambambuji, sous anonymat.
Fragilité du dispositif sécuritaire
En mission de reportage sur le chantier, précisément dans le village Matamba, nous avons pu constater nous-mêmes l’ampleur du phénomène. Alors que nous suivions un convoi de transport de ciment, nous avons aperçu un groupe de jeunes hommes sortir d’un camion avec au moins six sacs de ciment, visiblement soustraits sans autorisation.
Curieux, nous nous sommes approché de la scène pour observer l’opération. Pris de panique, les jeunes ont abandonné les sacs derrière une maisonnette de fortune et se sont enfuis, laissant les preuves de leur larcin sur place. Une scène qui illustre clairement la fragilité du dispositif de sécurité autour du chantier.
LA POPULATION INTERPELLE LES AUTORITÉS
Face à cette situation, la population locale lance un appel pressant au gouvernement central et provincial pour qu’ils prennent des mesures strictes. Elle exige la mise en place d’un système de contrôle plus rigoureux, l’implication des forces de l’ordre et l’ouverture d’enquêtes sur les circuits de vente parallèle des matériaux détournés.
«Comment pouvons-nous espérer voir cette route achevée si les matériaux disparaissent chaque jour? Nous demandons au gouvernement d’intervenir fermement», s’est exprimé un habitant.
Ces dénonciations viennent jeter une ombre sur un projet jusque-là porteur d’espoir pour les communautés du Kasaï Central. Si rien n’est fait pour endiguer ces pratiques, elles risquent de retarder les délais de livraison, voire de compromettre la qualité des infrastructures livrées. Le gouvernement, par le biais de l’ACGT et de Sinohydro, est désormais interpellé pour agir dans l’urgence et restaurer la confiance sur ce chantier stratégique.
Félix MULUMBA KALEMBA, correspondant au Kasaï-Central