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Route Bel air-Kimwenza Mission: le fonds destiné à cette infrastructure appelle à une enquête
Les travaux de réhabilitation de la route qui va de By Pass au niveau de l'arrêt Bel Air jusqu'à sa jonction avec le tronçon Unikin -Kimwenza Mission, ne sont pas arrivés à terme. Alors qu'ils avaient bien commencé au départ de Bel air, ils ont été stoppés net à quelque 500 ou 600 mètres de la fin. Pourtant, selon les informations dignes de foi recueillies auprès des riverains, tous les fonds y relatifs ont été entièrement versés par la banque égyptienne Arab Contractor avec laquelle le gouvernement a conclu un accord.
Il importe de révéler que la partie du tronçon qui n'a pas été réhabilitée, se trouve actuellement dans un état de délabrement très avancé. Les quelques automobilistes qui l'empruntent le font à leurs risques et périls. D'ailleurs, beaucoup sont embourbés de temps à autre dans ce qui ressemble bien à un hippodrome. Pour s'en sortir, ils sont obligés de recourir aux jeunes désœuvrés auxquels ils paient une certaine somme d'argent en guise de motivation. Si rien n'est fait en toute urgence, cette route ne sera plus tout simplement fréquentée.
Ce qui sera une grande honte pour le gouvernement vis-à-vis de son partenaire Arab Contractor. L'autre conséquence sera la fin du raccourci qui va du Triangle de la Cité Verte à l'Unikin que certains chauffeurs empruntent pour éviter les embouteillages de la route By Pass.
À propos de cette route, il convient de rappeler qu'une chaude empoignade avait opposé les riverains du tronçon Bel Air -Kimwenza à ceux de l'arrêt Interface -Kimwenza. Les uns et les autres revendiquaient l'appartenance des travaux. Il semble que suivant les documents officiels du ministère des Infrastructures et Travaux publics, l'accord entre le gouvernement et Arab Contractor prévoit la réhabilitation du tronçon Interface -Kimwenza et non Bel Air-Kimwenza. Un cadre de l'Hôtel de ville de Kinshasa, résidant à Bel Air, aurait usé de sa position pour détourner le choix du chantier.
Quoi qu'il en soit, aujourd'hui le constat est amer: les travaux qui ont commencé, à la grande satisfaction des riverains, ne sont pas allés jusqu'au bout. Le gouvernement ne doit pas se limiter à ce seul constat. Sa crédibilité serait remise en question non seulement par les Égyptiens d'Arab Contractor, mais aussi par ses autres partenaires techniques et financiers qui douteraient de sa bonne gouvernance. Pour éviter cette mauvaise image, il importe que tout soit mis en œuvre pour déterminer toutes les responsabilités à la base du détournement des fonds affectés à l'exécution d'un projet d'une si grande importance socio-économique.
Traduire en justice les auteurs de ce crime économique
Le partenariat conclu entre la RDC et Arab Contractor étant de portée nationale, les députés nationaux devraient se saisir de ce dossier, mener une enquête sérieuse et, s'il échet, traduire les auteurs de ce crime économique devant la justice pour une sanction appropriée. Au niveau du gouvernement, l'Inspection générale des finances (IGF) pourra être mise à contribution pour éclairer sa lanterne pour lui permettre de se comporter en bonne et due forme. Ne pas le faire et laisser passer ce scandale serait considéré comme une complicité et réfleterait une impuissance inadmissible.
Par ailleurs, il importe d'indiquer que dans le même espace de la mission Kimwenza, la route qui va de là jusqu'à la gare de train de l'Onatra a pratiquement disparu de la géographie locale. Même les motards ne peuvent pas oser l'emprunter.
Comme on le voit, les infrastructures routières de la capitale et dans l'ensemble du pays en général, constituent un grand défi à relever qui exige l'affectation de moyens financiers et matériels colossaux. À défaut, certains coins de la métropole rd congolaise, surtout avec les nombreuses têtes d'érosion qui apparaissent ci et là, risquent d'être rayés de la carte de la ville. Muke MUKE